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éditorial avril 2021

 

La foi tout simplement

Ils sont trois : Marie Madeleine, Pierre et celui que l’évangile de Jean appelle « le disciple que Jésus aimait ». Tout se joue face au tombeau vide.

Marie Madeleine arrive seule au lever du jour avec sa piété et son amour. À peine a-t-elle vue la pierre enlevée qu’elle s’affole et court vers Pierre et l’autre disciple. De ce que ses yeux ont cru voir (ou ne pas voir), elle conclut au drame : « on a enlevé le Seigneur ». Où va-t-elle se recueillir désormais ? À quoi se raccrocher ? Alors que les disciples courent, elle reste à l’écart, enfermée dans son chagrin, dans le passé.

Les disciples courent et franchissent le seuil du tombeau. Pierre en premier. Son regard parcourt l’intérieur. Il constate l’absence, il voir les linges mortuaires. Il est surpris, mais de l’étonnement à la foi, le chemin est long. L’autre disciple, lui, va au-delà du visible. Les linges pliés deviennent les indices d’une vérité invisible : Dieu n’a pas laissé son Christ, Messie d’Israël et annonceur du Royaume des cieux, voir la corruption.

À ce moment de l’histoire racontée, Marie-Madeleine est la part nostalgique de nous-mêmes. Son émotion l’entrave. Elle ne lui permet pas de voir l’inouï, l’inédit qui arrive. Il faudra que le ressuscité vienne jusqu’à elle et lui murmure qu’elle ne peut le retenir tel qu’il était. Pierre, lui, a le souci du concret, comme beaucoup de nous. Il voit, il observe, il s’étonne. L’étonnement met sur le chemin de la foi mais il n’est pas la foi.

L’autre disciple fait le saut. Il se risque. Sa foi s’appuie sur la même observation que Pierre. L’observation reste interrogative chez Pierre, elle déclenche l’intelligence chez l’autre disciple. La foi est faite de traces laissées par Dieu dans l’Histoire, de liens tressés par l’Esprit au fond de l’être, dans le silence intérieur. Soudain, tout revient à la surface : « il vit et il crut ».

De qui sommes-nous proches ? De Marie-Madeleine tournée vers le passé ? De Pierre au seuil de la foi ? de l’autre disciple qui se laisse mener par l’Esprit ? Des trois peut-être, tour à tour.

 

 

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