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28e dimanche ordinaire : Une Église-Institution interrogée

La situation de notre Église-Institution ressemble à s’y méprendre à celle de l’homme riche de l’évangile.

Comme lui elle court vers Jésus et se jette à ses pieds… Comme lui elle dit : « Bon maitre, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Comme lui elle perçoit « un manque » que la richesse ne peut pas combler. Comme lui elle veut recevoir la « Vie éternelle »

« La Vie éternelle » : c’est la Vie même de Dieu, c’est Son Amour. Vouloir recevoir la Vie éternelle c’est vouloir vivre avec Dieu ! Alors c’est bien le moment de 1) regarder ensemble l’enseignement de Jésus à cet homme riche, 2) puis ensuite de voir la leçon à retenir pour notre Église et pour nous-mêmes.

Quel est l’enseignement de Jésus ?

Sa première remarque consiste à dire : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul » La source de tout amour, de toute bonté, c’est en effet Dieu et Dieu seul ! « Personne n’est bon » … c’est la raison pour laquelle les commandements ont été donnés.

Jésus cite 6 commandements qui tous sont orientés vers le respect du frère. Respecter le frère c’est, a minima, ne pas le transformer en victime :  « Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère…Voilà deux commandements qui sont engagés dans la crise que notre Église traverse.

Plus encore, Jésus dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres… » Notre Église-institution a trop souvent préféré conserver sa richesse, c a d son image, sa réputation … plutôt que d’accueillir les appels de victimes qui se sont retrouvées doublement pauvres, parce que deux  fois méprisés.

Enfin Jésus dit « viens et suis-moi. » Que signifie « suivre Jésus » ? Jésus est un homme qui est pauvre, il n’a pas même une pierre pour faire reposer sa tête, mais il est comblé, il a reçu de son Père tout Son amour, et cet amour il le donne à cet homme : « Jésus posa son regard sur lui et se mit à l’aimer. » Pour suivre Jésus, notre Eglise-institution aurait pu porter un regard d’amour sur ceux qui sont venus lui demander justice. Malheureusement cela a été trop rarement le cas !

Alors quelle leçon tirer de l’enseignement de Jésus ? Aimer la richesse empêche d’aimer le frère. Et l’amour du frère vérifie la vérité de l’amour pour Dieu.  C’est pourquoi Jésus affirme : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille, qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ».

Comme nous peut être, les disciples sont « déconcertés » ! « Mais alors qui peut être sauvé ? » demandent-ils… « Pour les hommes c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu » C’est dans la pauvreté que l’on peut prendre conscience que l’amour de Dieu est déjà donné de toute éternité. Au plus bas que nous puissions être, Jésus est là, tremblant d’amour, présent à nos cotés ! C’est à cette source que nous pouvons puiser l’amour pour le frère.

Aujourd’hui en reconnaissant ses défaillances notre Église-institution a perdu son image, sa crédibilité : elle est pauvre et raillée. C’est un moment redoutable mais nécessaire pour qu’elle puisse de nouveau vivre, non pas de ses richesses, mais de l’amour de Dieu… et ainsi pouvoir accueillir le frère.

Évidemment de notre côté, c’est l’occasion de nous interroger, à titre personnel, sur les richesses qui nous empêchent d’accueillir nous aussi, l’amour de Dieu et donc la détresse du frère…

Conclusion :  Face à la pression médiatique, nous pourrions nous aussi nous en aller sombres et tout tristes. Mais nous avons pour recours deux ressources : notre foi et notre histoire ! Par notre foi, nous savons le don irrévocable que Dieu nous a fait de Son Amour, à nous qui ne méritons rien ! Par l’histoire de notre Église-institution nous savons qu’à chaque fois qu’une crise s’est présentée – et il y en a eu beaucoup – elle a retrouvé le chemin de l’accueil du frère en vivant profondément sa pauvreté. C fut le cas en particulier avec ce que l’on a appelé les « ordres mendiants ». C’est à cette pauvreté que nous convie notre Pape François depuis le début de son pontificat. (Henri Miailhe)

 

 
27e dimanche ordinaire : l’Evangile, la règle et la décision

« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? ». Permis par qui ? Par Dieu ? La discussion entre Jésus et les pharisiens porte sur une règle édictée par Moïse. Une règle particulière édictée dans une situation précise et qui n’a donc pas valeur éternelle – au contraire de la Parole de Dieu lors de la création.

D’ailleurs, nous connaissons un cas où un mari, sur le conseil de Dieu, a renvoyé sa femme – enfin, l’une de ses femmes. Il s’agit d’Abraham. Les relations entre ses deux épouses, Sara et Agar, étaient devenus si exécrables que Dieu a dit à Abraham : « Écoute Sara et renvoie Agar comme elle te le demande. Moi, je vais protéger Agar… » Agar était persécutée par Sara. En les séparant, Dieu a protégé la victime.

Revenons à la question « Est-il permis de… » Nous sommes aujourd’hui confrontés à de multiples questions de morale : les soins palliatifs et l’accompagnement de la fin de vie. On en débat. Tout comme l’accueil des étrangers et des migrants… Ou encore, l’écoute, l’accompagnement et l’accueil des victimes abusés dans leur enfance par des prêtres ou des religieux… Ou encore, en ce temps de pandémie : « Est-il permis ou non de s’opposer au vaccin et/ou au passe-sanitaire ? »

Par son dialogue avec les pharisiens, Jésus montre que tout débat moral doit articuler trois dimensions : l’universelle, la particulière et la singulière.

La dimension universelle est première. Elle nous plonge dans le projet de Dieu sur notre humanité : « au commencement de la création, il les fit homme et femme ». Pour moi, pour la société, quel est le projet de Dieu ? Que signifie le Royaume de Dieu ? Comment y participer là où je suis ? Questions trop vastes, trop spirituelles ? Questions nécessaires. Réponses balbutiantes. En les posant, nous reconnaissons que nous ne vivons pas toujours l’idéal, à la hauteur de l’Évangile.

C’est pourquoi, à la dimension universelle, celle du Dieu créateur, il faut joindre une dimension « particulière » : qu’est-ce qui est effectivement possible dans la situation donnée, dans la société d’aujourd’hui ? Nous édictons alors des règles, des lois qui devraient veiller à apporter plus de paix. Moïse a édicté une règle « en raison de la dureté de vos cœurs » rappelle Jésus. Compromis entre l’idéal et le réalisme. Les règles ne tombent pas du ciel même si elles le concernent. Élaborées, de siècle en siècle, de situation en situation, pour éclairer notre conscience. Tant civiles que religieuses, elles cherchent à donner chair, à un moment donné, au précepte premier de l’amour. Et c’est parce que l’amour brille encore trop souvent par son absence que des lois sont nécessaires.

Mais, elles ne sont pas gravées dans le marbre, au contraire de la loi d’amour. Des paramètres leur échappent. C’est pourquoi, nous faisons appel à la dimension « singulière ». La dimension singulière tient compte du caractère unique de chaque situation, de chaque état social, de chaque personne. Dieu l’a fait quand il a regardé et Sara et Agar et le sac de nœuds dont Abraham était prisonnier. Dans le cas précis, Dieu n’a pas béni Sara pour sa méchanceté. Mais il a sauvé Agar.

Dans chaque cas singulier, veillons à ce que notre conscience et celle des personnes en cause soient éclairées tant par la règle commune élaborée pour le bien de tous que par l’idéal de l’Évangile. Pour nous, la prière et l’écoute de la Parole de Dieu sont de puissants soutiens. Que la décision soit la plus vraie et la plus libre possible. Mais, bien sûr, nous pouvons toujours nous tromper…

Alors nous sortons de la dynamique du « permis/défendu » pour entrer dans celle de l’Évangile qui cherche toujours la solution qui apportera le plus d’amour. Nous retrouvons notre âme d’enfant qui pose des actes en faisant confiance à ceux qui l’aiment. Or Dieu nous aime. (Gérard BILLON)

 

 
26e dimanche ordinaire : pratiquer l’Evangile

Le disciple qui se plaint à Jésus n’est pas n’importe qui. Il s’agit de Jean, un des premiers appelés, témoin de l’avancée du Royaume de Dieu. Mais, tout comme nous, il n’est pas sans défaut : sa conception du groupe chrétien est étroite. Comme Josué, il se scandalise que l’œuvre de salut de Dieu passe par des gens qui ne font pas partie du groupe : « il n’est pas de ceux qui nous suivent ». Moïse soupire et souhaite que tous soient prophètes. Jésus ajoute : « oui, il ne fait pas partie du groupe mais il fait le bien en mon nom, il ne doit pas être loin de moi, non ? »

Nous formons un groupe. Qu’est-ce qui le caractérise ? Allons vite et mettons le terme « pratiquer », beau verbe qui résume notre agir tout entier, notre être dans ces murs et en dehors d’eux. Pour beaucoup, « pratiquer », c’est « aller à la messe ». Certes, mais « pratiquer » l’Évangile se déroule en-dehors de ces murs.

Ce matin, en nous déplaçant ici, nous pratiquons. Plus exactement, nous alimentons notre pratique de ’Évangile, nous nous ressourçons. En dehors de ce temps eucharistique, quelle est notre pratique de l’Évangile ? Sommes-nous des semeurs de vie, de joie, de consolation, de libération auprès de personnes en attente de salut, en espérance de fraternité et d’amitié ? Si oui, heureux sommes-nous !

Il se trouve que la « pratique » d’autres personnes, en particulier de plus jeunes, n’intègre pas pour l’instant la participation régulière à une assemblée du dimanche. J’en ai accompagné quelques-uns l’an dernier cahin-caha à cause de la pandémie. Ils ont été « confirmés » par notre évêque en juin et ils ruissellent de l’Esprit saint. Or, ils ne sont pas là. Mais ils cherchent à mieux connaître et aimer Jésus. Ils ont une vie de prière personnelle. Ils se posent de bonnes questions et s’engagent à leur manière pour semer la vie et l’amitié de Dieu auprès des gens de leur âge. Ils ne sont pas de notre assemblée ce matin, mais ils appartiennent au Christ. Ils en parlent, à leur manière, par ce qu’ils sont, par leur existence toute simple.

Et nous, ce matin, nous remercions Dieu pour l’amour dont ils témoignent.

Et, aussi, nous demandons pardon pour l’amour que, nous ou d’autres membres du groupe, nous refusons parfois de donner ou bien, pire, pour l’amour que nous dévoyons…

Devant ses disciples, Jésus est dur pour ceux et celles du groupe chrétien qui sont « occasion de chute ». Ils ont eu beau « pratiquer » le dimanche, leur existence a été mortifère pour d’autres. Comment est-il possible que l’Évangile ait pris une odeur de pourri, soit mangé par les mites et rongé par la rouille ? Leur manière de se conduire a fait chuter les plus faibles. Ils les ont exploités, salis, déshumanisés, rejetés : enfants, femmes, pauvres, migrants et réfugiés. Alors Jésus lance un cri : « Ressaisissez-vous ! Changez ! »

Nous ne sommes pas aussi pire qu’eux, je l’espère. Seulement bancals. Nous changeons. Lui-même, le Christ n’est-il pas venu guérir les manchots, les estropiés, les borgnes ? Encore faut-il venir à lui. Encore faut-il que personne ne fasse écran entre lui et ceux et celles qui viennent à lui.

Ce matin nous sommes venus à Jésus. Et nous lui avons demandé pardon pour avoir capté l’Évangile, pour avoir fait écran ou pour l’avoir dévoyé. Notre chance est de savoir qu’il nous a pardonnés. Généreux, il nous donne sa parole et son pain. Nous repartirons tout-à-l’heure en semeurs de la vie, de la beauté, de la joie. (Gérard Billon)