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Adoration eucharistique

11 octobre : Explorer la Bible

28 août, messe télévisée

Bulletin Le Noroît

Agenda

18 septembre : Un intendant malhonnête

« Aucun domestique ne peut servir deux maîtres…Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent »… venons-nous d’entendre. Pourquoi donc ? Très probablement parce qu’il s’agit là de deux approches du monde qui sont incompatibles, un peu comme l’eau et l’huile.

Lorsque l’argent est maître il n’existe rien en dehors de ce qui se calcule, se mesure et s’évalue. Dieu est lui dans une tout autre approche, celle de l’alliance. Celle de l’alliance pour vivre l’amour. Et l’amour ne s’achète pas, ne se comptabilise pas. il se donne et se reçoit.

Alors regardons ensemble ce qu’il advient lorsque Dieu est le maître : scrutons d’abord le regard de Jésus sur le gérant trompeur puis suivons ce regard qui nous montre le chemin pour ne pas se tromper de maître

Le regard de Jésus va vers un gérant qui trahit et vole sans vergogne et pourtant Jésus souligne l’éloge qu’en fait son maître : « Ce gérant trompeur, le maître fit l’éloge : effectivement il s’était montré habile ». Habile, c’est à dire imaginatif, actif, réaliste. Privé du travail qui lui permet de vivre, immédiatement, sans se laisser abattre, il part à la recherche de solutions de remplacement. Le gérant vole son maître et pourtant Jésus ne relève pas, ne comptabilise pas ses fautes. Plus étonnant encore il souligne ses qualités. Le regard de Jésus ne se limite pas à ce que ce gérant fait, il laisse ouvert à un devenir. Jésus espère dans ce gérant trompeur.

Ce regard de Jésus sur ce gérant malhonnête peut nous faire penser à un autre événement. Souvenons-nous : Lors du dernier repas de Jésus avec ses apôtres, quelques heures avant sa mort, Jésus se met à genoux devant ses apôtres et il leur lave les pieds alors qu’il sait que dans les heures qui suivent ils vont le trahir, le renier et le fuir. Jésus ne comptabilise pas ce qu’il y a de noir en eux, par contre il croit en eux, il fait un acte de foi en eux. Paradoxe : il croit en eux beaucoup plus qu’ils ne croient en Lui. C’est bien là un acte d’amour, un acte de charité parfait !

Ainsi Jésus nous fait découvrir un chemin très nouveau, un chemin ou il n’y a pas de calcul, pas de mesure, un chemin d’amour donné. Dans la deuxième lecture nous avons entendu St Paul nous dire dans une phrase qui a elle seule résume tout l’évangile : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, c’est à dire parviennent à la pleine connaissance de la vérité. »

La « vérité », c’est que Dieu a foi en chaque homme au point de lui donner sa propre vie gratuitement. Et « être sauvé » ne dépend que de nous. Il s’agit simplement d’accueillir cet amour, d’aimer cet amour Pour chacun de nous, tout est toujours ouvert. Il n’y a pas de grand livre comptable de nos mauvaises actions. Quoique nous ayons fait, nous sommes sauvés dès que nous disons « oui » à l’amour de Dieu.

Ce « oui » que nous pouvons prononcer, Jésus le connaît et il l’attend passionnément. Une fois ce « oui » prononcé nous avons à notre tour la mission de mettre toute notre habileté, toutes nos richesses pour essayer de « voir » dans chacun de ceux que nous rencontrons la même grandeur que celle que sait y voir Jésus. Ceci afin de vivre le plus grand acte de charité que nous puissions faire.

En conclusion, deux points. Le premier : Jésus nous rappelle que nos richesses, l’argent, les qualités que nous avons sont de très bonnes choses pour autant qu’elles demeurent au service de notre seul maître qui est Dieu. La seconde est que Jésus nous engage à faire comme lui : regarder loin, voir en chacun sa grandeur, ce « oui » à l’amour de Dieu que tout homme peut prononcer. (Henri Miailhe)

 

 

11 septembre : le fils aîné

Que vas faire le fils aîné ? Rester fâché avec son frère ou lui tomber dans les bras ? Jésus a commencé une histoire et il nous laisse le soin de la finir… avec notre vie. Si nous faisons rentrer le fils aîné dans la salle du festin, alors nous acceptons, comme le père, un monde où il y a place pour les pécheurs, les bancals de la relation, où il y a place pour le risque, le pardon, un monde où on espère que même les plus bornés peuvent changer de vie.

Par contre, si nous pensons que le fils aîné a raison, c’est que nous avons accepté de vivre dans un monde, le vrai monde, le nôtre, où tout se mesure et se paye, les échecs et les réussites et où le pardon n’a pas de place car il coûte trop à donner.

Jésus, lui, a choisi. Il se met dans la logique du Dieu libérateur qui fait entrer son peuple dans un pays où coule le lait et le miel, un peuple râleur, ingrat, qui ne le méritait pas, toujours tenté de retourner en arrière, idéalisant son passé, sa nostalgie d’un autre temps. C’est parfois notre cas dans le peuple chrétien. Dans le peuple chrétien, il y a ceux et celles qui regardent en arrière, qui se regardent dans leur générosité et qui jugent. Qui jugent et qui condamnent.

Ce matin, mettons-nous du côté du fils aîné, nous les pratiquants qui choisissons de venir le dimanche ici alors que les autres sont à faire du jogging, du jardin, rigolent au PMU ou bien paressent dans leur lit à faire la grasse matinée ! Nous, comme le fils aîné, nous avons le sens du devoir. Nous sommes là et dans la semaine, nous vivons l’Évangile, nous prenons de la peine…  Et ce n’est pas toujours facile.  Zut! Nous avons raison de se mettre en colère.

Alors Dieu – c’est lui le père, on l’a compris depuis le début – sort de la maison et tente de renouer un lien qui est presque rompu. Je déploie son discours, un discours qui, d’une manière ou d’une autre, est celui qui nous est adressé chaque dimanche dans la liturgie :

« Pourquoi ai-je agi ainsi ? Par espérance : personne ne croyait au retour de ton frère, sauf moi. J’ai cru en l’impossible, jour après jour. Tu travaillais et j’attendais. Merci d’avoir travaillé. Cela m’a permis d’attendre, d’espérer. Merci. Ton frère est revenu. L’avais-tu rayé de ta vie ? Il est là. Que puis-je te dire ? Que j’ai eu raison d’attendre et tu as bien fait de travailler. Nous pouvons maintenant fêter le retour ensemble, non ? Tu es mon fils, tout ce que j’ai est à toi. Tout ce que j’ai est à toi. Tu dis que je ne t’ai jamais donné un chevreau. C’est vrai ! Mais je n’avais pas à te le donner. Il était à toi, tout est à toi et, depuis le temps, tu ne le sais pas ?  

Ah mon fils, qu’est-ce que tu ressembles à ton frère ! Comme vous vous ressemblez ! J’ai dû rater quelque chose dans votre éducation. Lui et toi, vous calculez : lui, il a voulu payer son retour en devenant un simple ouvrier et toi tu penses que tu as toujours été et que tu es mon serviteur. Mais je suis votre père, je ne suis pas votre patron ! Vous vous méprenez et sur moi et sur vous. Sur vous surtout. Vous n’êtes pas mes débiteurs, vous êtes, tous deux, mes enfants… »

À nous de terminer l’histoire. Choisissons. Ou bien rentrer dans la salle du festin ou rester à la porte. Renaître à la fraternité ou bien continuer à calculer, à bloquer le pardon. Mais n’avons-nous pas déjà choisi ? Puisque nous sommes là, avec nos péchés, invités au repas joyeux de l’amour de Dieu… (Gérard Billon)

 

04 septembre : le corps et la sagesse

La première lecture nous rapporte l’extrait d’une prière attribuée au roi Salomon. Elle évoque le corps comme “enveloppe d’argile [qui] alourdit notre esprit aux mille pensées” Nous le savons, l’être humain est fragile : les maladies, les handicaps, les blessures, le vieillissement posent leurs marques sur nos corps. Je le dis pour nos corps individuels, mais aussi pour celui de Jésus et pour celui que nous formons ce matin, l’Église…

Nos corps sont fragiles, mais ils ont de la ressource. Pour nous, cette ressource vient en particulier de l’Esprit saint, lequel a un autre nom : la Sagesse. “Qui aurait connu ta volonté, si tu n’avais donné la Sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit-Saint.”

Salomon a demandé la Sagesse – ce qui est lié à l’Esprit saint. Nous aussi. Dans le « Notre Père », la première demande est celle du pain pour fortifier le corps. La dernière est de pas nous laisser entrer en tentation. Dit autrement, nous demandons la sagesse pour discerner, au quotidien, les dangers qui nous guettent sur la route.

Jésus a été un sage. Nous l’avons entendu : sur la route qui le mène à Jérusalem, alors que se précise la menace de mort, il fait de l’humour, sorte de sagesse souriante. Il dessine d’un trait vif de petites images : on ne part pas en guerre si on n’a pas les forces suffisantes, one bâtit pas une tour si on n’a pas les moyens. Lui a mesuré tout ce que ça va lui coûter, il a mesuré les dangers et les pièges du Mal. Tout bien pesé, il va quand même à Jérusalem. Dans la confiance en Dieu son Père. Ses disciples, eux, hésitent. Alors, il les engage à jauger, juger et puis à s’engager.

Très peu, nous le savons, sont allés jusqu’à l’accompagner dans sa Passion. Mais la vie n’est pas morte sur la croix, elle a même jailli du tombeau. La vie de Dieu et sa sagesse ont pris corps dans l’Église – on appelle d’ailleurs l’Église le « corps du Christ ». Corps fragile : l’Église a son poids d’histoire, ses handicaps, ses blessures, son vieillissement. Chez nous comme ailleurs. Aussi sommes-nous appelés à un sursaut d’espérance : le temps de la rentrée est toujours plein d’espoir. Le corps de notre Église, de notre paroisse, ne peut pas être essoufflé puisqu’en lui, il y a la légèreté de l’Esprit saint, la force de la sagesse de Dieu !

Vont reprendre, de façon plus ou moins assurée après le temps de la pandémie, les rencontres de réflexion, de partage, de prière, l’approfondissement de la foi, l’écoute de la Parole de Dieu, l’action de grâce du dimanche, le silence d’adoration, les services d’accueil, d’entraide, de consolation. J’espère que chacun va y trouver un peu son bonheur. J’espère surtout que d’autres – qui ne sont pas ici – vont y trouver du bonheur. Animée par l’Esprit Saint, notre Église a pour mission moins de donner des réponses catégoriques que de risquer un dialogue. Risquer nos corps d’argile, nos groupes, nos institutions dans l’aventure de l’Évangile, un pas après l’autre, lentement, joyeusement. À Barbâtre, il y a, le 18 septembre prochain, un petit temps convivial après la messe. J’espère que nous pourrons tous y participer. Nous ne sommes pas des consommateurs de l’eucharistie mais des acteurs du corps du Christ, des membres vivants ! La Sagesse sera présente pour une année pastorale meilleure que celle qui vient de s’achever en beauté avec la messe télévisée. « Seigneur, donne-nous la sagesse assise près de toi… » (Gérard Billon)