Paroisse Saint-Philbert-en-Noirmoutier
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2 juin : la Kora

Homélie du dimanche

Bulletin Le Noroît

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Saint-Philbert-de-Noirmoutier

L’actuelle église paroissiale s’élève à l’emplacement de l’église de l’abbaye fondée par Saint Philbert (ou Philibert) vers 675. À sa mort en 685 (ou 690), son tombeau a été objet de vénération.

Incendiée en 732 par les Sarrasins, reconstruite en 804, l’église abbatiale est saccagée de nouveau en 825, 830 et 834 par les Vikings ou Normands (« hommes du Nord »). Elle est abandonnée par les moines en 836 qui s’enfuient en emportant le corps du saint.

Le calme étant revenu après l’an mille, quelques moines venus de Tournus (Bourgogne) établissent sur les ruines un prieuré bénédictin et reconstruisent l’église avec l’aide des sires de La Garnache, seigneurs de l’île. À la fin du XIe siècle, elle est terminée. De proportions plus vastes que la précédente, elle est en forme de croix latine. La crypte est édifiée là où se trouvait initialement le tombeau de saint Philbert.

Le choeur actuel date de cette époque ainsi que le plan de la nef principale. En 1390, l’église est agrandie (nef sud) pour pallier à la destruction par les Anglais de l’église voisine Saint-Michel. En 1666, le curé de l’époque élargit encore l’espace en faisant construire la nef nord. Les trois nefs sont restaurées en 1674 suite à une incursion des Hollandais, donnant l’aspect actuel.

Le retable du Rosaire (transept sud) date de 1690. Il est le plus richement décoré avec ses guirlandes de roses et de soleils sculptées dans la pierre. Le retable de Sainte Anne (transept nord), plus sobre, date de 1710.

Le clocher, néo-roman, inspiré de celui de Tournus où repose le corps de saint Philbert, est édifié en 1875 pour remplacer l’ancien clocher détruit par la foudre en 1843.

La crypte, située sous le chœur, a accueilli le corps de saint Philbert entre 690 et 836, date à laquelle il est transféré, d’abord à Déas (Saint-Philbert-de-Grand-Lieu), puis à Cunault et enfin à Tournus où les moines se réfugient en 875. Elle est classée Monument historique depuis 1898. Une châsse contient quelques reliques du saint données par la paroisse de Tournus en 1882 et 1900. Elle est aujourd’hui sur l’autel du retable du Rosaire.

Les vitraux (début du XXe siècle) portent en médaillon divers lieux évocateurs de l’histoire du saint. Au sud, Jumièges, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, Cunault, Tournus. Au nord, à Noirmoutier, la grotte où il aimait (près de la plage des Dames), le château, l’abbaye (dessin hypothétique).

Le caractère maritime de l’église est donné par saint Clément, patron des gens de mer (statue en haut du retable sud). Autrefois, une procession avait lieu de l’église jusqu’au port le 23 novembre. La procession suivait le bateau ex-voto, suspendu alors dans la nef centrale. Aujourd’hui déposé à droite du porche, c’est une maquette de bateau à plus de 50 canons du XVIIIe siècle restaurée en 1802. La dévotion à sainte Anne, patronne des marins (retable nord), date du XVIIe siècle et vient d’Auray (Bretagne). Le vitrail du transept sud est dédié à la Vierge Marie stella maris (étoile de la mer), protectrice des navigateurs.

Au Moyen-âge, on a vénéré également les “Sept Dormants” d’Ephèse dont le culte a été importé de l’Orient à l’Occident (jusqu’en Irlande !) par les commerçants maritimes. Les vestiges ont disparu à la Révolution française.