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Adoration eucharistique

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Bulletin Le Noroît

Agenda

25 septembre : riches et pauvres

Jésus a inventé cette histoire pour nous faire réfléchir. Tous nous pensons que le riche a été égoïste (et que c’est bien fait s’il est puni). Et nous sommes contents de savoir que le pauvre Lazare qui était si malheureux est maintenant heureux. Est-ce si simple ?

Comment le riche de la parabole a-t-il fait son malheur ? Son bonheur était de prendre, de se servir, de parader, d’ingurgiter. Son confort et ses richesses étaient un but alors qu’elles sont un don. Il a les épuisées. Il les a dévorées. Comment pouvait-il donner ? Jour après jour, il a creusé un fossé entre le pauvre Lazare et lui. Fossé non pas physique mais psychologique, spirituel, humain. Les chiens avaient plus de bonté !

Tout ce qui nous permet de vivre à l’abri du besoin est le fruit de nos efforts mais aussi un cadeau, un don. J’en entends certains qui disent : « Comment, un don ? Nous avons assez travaillé pour ça ! ». Oui, mais travaillé comment ? Que faisons-nous du résultat ? Prenons le peuple d’Israël libéré d’Égypte. Dieu lui a promis un pays, une sorte de paradis sur terre. C’est une terre à respecter et non à exploiter sauvagement rappelle le prophète Amos à la « bande des vautrés » qui s’empiffrent au lieu de faire le bonheur d’autres qui ont moins de talent. Certains, certaines ont la capacité de gérer la terre, économiquement, politiquement, pour le bien de tous – on les appelle des « riches ». Certains, certaines sont incapables de la gérer, cette terre – on les appelle des « pauvres ». L’existence de ces deux groupes est un rappel que notre terre demande à être mieux connue, mieux cultivée, mieux répartie, mieux partagée. La solidarité est un appel à la responsabilité. Tous, nous avons des capacités. J’admire ces ateliers où l’on s’échange les compétences : je t’apprends à cuisiner et tu m’apprends à monter et démonter un moteur…

Ici nous sommes à la fois riches et pauvres. Riches de savoir que l’entrée dans le Royaume de Dieu n’est pas au bout de nos efforts, mais que nos efforts permettent à d’autres de vivre mieux, dans un monde autre, « justice et paix » dit le poète. Nous sommes pauvres parce nous éprouvons nos limites, nos difficultés à l’inscrire dans les faits, ce monde. Nous sommes riches parce que rien de ce qui est humain ne nous est indifférent. Notre intérêt se porte aussi bien sur les ukrainiens, peuple martyrisé, que sur les débats sur la fin de vie. Oui, heureux sommes-nous parce nous intéressons à tout ce qui est humain ! Heureux sommes-nous d’éprouver notre petitesse devant l’ampleur de la tâche : qui domine les problèmes ?

Pauvre riche avec ses vêtements de luxe et ses repas fastueux ! Au contraire de ses chiens, il ne s’est jamais approché du pauvre devant sa porte. Et c’est dans l’au-delà que se dévoile la vérité de sa vie, une vie appauvrie pour n’avoir pas eu le regard et le cœur large. Le gouffre entre lui et le pauvre dont il s’étonne dans l’au-delà, c’est lui qui l’a creusé, jour après jour.

Pour nous, la vérité de notre vie se dévoile aujourd’hui. Et Dieu nous donne de quoi combler le fossé que nous creusons entre nous. Il nous donne « Moïse et les prophètes », la Parole de Dieu entendue lors des célébrations, étudiée, partagée, priée. Elle balaye notre vie, éclaire les coins sombres, invite à ouvrir les yeux, les mains, le cœur. Elle invite à réduire les écarts entre les humains. (Gérard Billon)

 

 

18 septembre : Un intendant malhonnête

« Aucun domestique ne peut servir deux maîtres…Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent »… venons-nous d’entendre. Pourquoi donc ? Très probablement parce qu’il s’agit là de deux approches du monde qui sont incompatibles, un peu comme l’eau et l’huile.

Lorsque l’argent est maître il n’existe rien en dehors de ce qui se calcule, se mesure et s’évalue. Dieu est lui dans une tout autre approche, celle de l’alliance. Celle de l’alliance pour vivre l’amour. Et l’amour ne s’achète pas, ne se comptabilise pas. il se donne et se reçoit.

Alors regardons ensemble ce qu’il advient lorsque Dieu est le maître : scrutons d’abord le regard de Jésus sur le gérant trompeur puis suivons ce regard qui nous montre le chemin pour ne pas se tromper de maître

Le regard de Jésus va vers un gérant qui trahit et vole sans vergogne et pourtant Jésus souligne l’éloge qu’en fait son maître : « Ce gérant trompeur, le maître fit l’éloge : effectivement il s’était montré habile ». Habile, c’est à dire imaginatif, actif, réaliste. Privé du travail qui lui permet de vivre, immédiatement, sans se laisser abattre, il part à la recherche de solutions de remplacement. Le gérant vole son maître et pourtant Jésus ne relève pas, ne comptabilise pas ses fautes. Plus étonnant encore il souligne ses qualités. Le regard de Jésus ne se limite pas à ce que ce gérant fait, il laisse ouvert à un devenir. Jésus espère dans ce gérant trompeur.

Ce regard de Jésus sur ce gérant malhonnête peut nous faire penser à un autre événement. Souvenons-nous : Lors du dernier repas de Jésus avec ses apôtres, quelques heures avant sa mort, Jésus se met à genoux devant ses apôtres et il leur lave les pieds alors qu’il sait que dans les heures qui suivent ils vont le trahir, le renier et le fuir. Jésus ne comptabilise pas ce qu’il y a de noir en eux, par contre il croit en eux, il fait un acte de foi en eux. Paradoxe : il croit en eux beaucoup plus qu’ils ne croient en Lui. C’est bien là un acte d’amour, un acte de charité parfait !

Ainsi Jésus nous fait découvrir un chemin très nouveau, un chemin ou il n’y a pas de calcul, pas de mesure, un chemin d’amour donné. Dans la deuxième lecture nous avons entendu St Paul nous dire dans une phrase qui a elle seule résume tout l’évangile : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, c’est à dire parviennent à la pleine connaissance de la vérité. »

La « vérité », c’est que Dieu a foi en chaque homme au point de lui donner sa propre vie gratuitement. Et « être sauvé » ne dépend que de nous. Il s’agit simplement d’accueillir cet amour, d’aimer cet amour Pour chacun de nous, tout est toujours ouvert. Il n’y a pas de grand livre comptable de nos mauvaises actions. Quoique nous ayons fait, nous sommes sauvés dès que nous disons « oui » à l’amour de Dieu.

Ce « oui » que nous pouvons prononcer, Jésus le connaît et il l’attend passionnément. Une fois ce « oui » prononcé nous avons à notre tour la mission de mettre toute notre habileté, toutes nos richesses pour essayer de « voir » dans chacun de ceux que nous rencontrons la même grandeur que celle que sait y voir Jésus. Ceci afin de vivre le plus grand acte de charité que nous puissions faire.

En conclusion, deux points. Le premier : Jésus nous rappelle que nos richesses, l’argent, les qualités que nous avons sont de très bonnes choses pour autant qu’elles demeurent au service de notre seul maître qui est Dieu. La seconde est que Jésus nous engage à faire comme lui : regarder loin, voir en chacun sa grandeur, ce « oui » à l’amour de Dieu que tout homme peut prononcer. (Henri Miailhe)

 

11 septembre : le fils aîné

Que vas faire le fils aîné ? Rester fâché avec son frère ou lui tomber dans les bras ? Jésus a commencé une histoire et il nous laisse le soin de la finir… avec notre vie. Si nous faisons rentrer le fils aîné dans la salle du festin, alors nous acceptons, comme le père, un monde où il y a place pour les pécheurs, les bancals de la relation, où il y a place pour le risque, le pardon, un monde où on espère que même les plus bornés peuvent changer de vie.

Par contre, si nous pensons que le fils aîné a raison, c’est que nous avons accepté de vivre dans un monde, le vrai monde, le nôtre, où tout se mesure et se paye, les échecs et les réussites et où le pardon n’a pas de place car il coûte trop à donner.

Jésus, lui, a choisi. Il se met dans la logique du Dieu libérateur qui fait entrer son peuple dans un pays où coule le lait et le miel, un peuple râleur, ingrat, qui ne le méritait pas, toujours tenté de retourner en arrière, idéalisant son passé, sa nostalgie d’un autre temps. C’est parfois notre cas dans le peuple chrétien. Dans le peuple chrétien, il y a ceux et celles qui regardent en arrière, qui se regardent dans leur générosité et qui jugent. Qui jugent et qui condamnent.

Ce matin, mettons-nous du côté du fils aîné, nous les pratiquants qui choisissons de venir le dimanche ici alors que les autres sont à faire du jogging, du jardin, rigolent au PMU ou bien paressent dans leur lit à faire la grasse matinée ! Nous, comme le fils aîné, nous avons le sens du devoir. Nous sommes là et dans la semaine, nous vivons l’Évangile, nous prenons de la peine…  Et ce n’est pas toujours facile.  Zut! Nous avons raison de se mettre en colère.

Alors Dieu – c’est lui le père, on l’a compris depuis le début – sort de la maison et tente de renouer un lien qui est presque rompu. Je déploie son discours, un discours qui, d’une manière ou d’une autre, est celui qui nous est adressé chaque dimanche dans la liturgie :

« Pourquoi ai-je agi ainsi ? Par espérance : personne ne croyait au retour de ton frère, sauf moi. J’ai cru en l’impossible, jour après jour. Tu travaillais et j’attendais. Merci d’avoir travaillé. Cela m’a permis d’attendre, d’espérer. Merci. Ton frère est revenu. L’avais-tu rayé de ta vie ? Il est là. Que puis-je te dire ? Que j’ai eu raison d’attendre et tu as bien fait de travailler. Nous pouvons maintenant fêter le retour ensemble, non ? Tu es mon fils, tout ce que j’ai est à toi. Tout ce que j’ai est à toi. Tu dis que je ne t’ai jamais donné un chevreau. C’est vrai ! Mais je n’avais pas à te le donner. Il était à toi, tout est à toi et, depuis le temps, tu ne le sais pas ?  

Ah mon fils, qu’est-ce que tu ressembles à ton frère ! Comme vous vous ressemblez ! J’ai dû rater quelque chose dans votre éducation. Lui et toi, vous calculez : lui, il a voulu payer son retour en devenant un simple ouvrier et toi tu penses que tu as toujours été et que tu es mon serviteur. Mais je suis votre père, je ne suis pas votre patron ! Vous vous méprenez et sur moi et sur vous. Sur vous surtout. Vous n’êtes pas mes débiteurs, vous êtes, tous deux, mes enfants… »

À nous de terminer l’histoire. Choisissons. Ou bien rentrer dans la salle du festin ou rester à la porte. Renaître à la fraternité ou bien continuer à calculer, à bloquer le pardon. Mais n’avons-nous pas déjà choisi ? Puisque nous sommes là, avec nos péchés, invités au repas joyeux de l’amour de Dieu… (Gérard Billon)