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24 janvier, 3e dimanche ordinaire. Dimanche de la Parole de Dieu.

Que désire Dieu ? Pourquoi a-t-il envoyé des prophètes tel Jonas ? Pourquoi les lettres de Paul, la prédication de Jésus ? Cela tient, me semble-t-il, en un mouvement : que nous vivions heureux dans l’Alliance qu’il a proposée et que nous avons librement acceptée. Pour cela, une supplique : changer de vie. Il y a urgence : « le temps est limité. Il passe le monde tel que nous le voyons ».

Pourquoi changer ? Parce que les actions humaines sont « mauvaises » (dixit Jonas) autrement dit : ni fraternelles, ni justes, ni pacifiques, ni aimantes… bref en désaccord avec l’Alliance.

Actions mortifères, issue prévisible : « Encore 40 jours et Ninive sera détruite ».  En fait, message de vie : « Changez vos manières de vous conduire, sinon vous allez à la catastrophe… ». Tous les prophètes le redisent… et Paul, et Jésus : « Convertissez-vous… »

Ce n’est pas un ordre, c’est une invitation, un appel à la responsabilité. Cela fait partie du désir de Dieu. Il reste aux auditeurs à y répondre, à mettre en œuvre, avec leur liberté, la fraternité, la justice, la paix.

À Ninive, le message de Jonas est reçu 5/5 et provoque un électro-choc : conversion totale et de tous. Librement. C’est trop beau pour être vrai sans doute. Quoiqu’il en soit, il y a dans cette histoire un appel qui nous est adressé : « Nous, quand nous entendons les prophètes, les apôtres, l’Évangile, qu’est-ce qui change en nous ? »

Les prophètes et les apôtres convergent vers le Christ. Il y a maintenant la Bible dans lequel tout est gravé, enfermé pour que cela soit ouvert. Dans le sillage des apôtres et des prophètes, nous lisons désormais « le » livre des Écritures.

L’appel à changer de vie est là désormais. Toujours offert. L’appel à notre responsabilité, à changer le regard sur nous-mêmes, les autres, la création, Dieu lui-même (on ne peut faire le tour de Dieu ; on ne peut que suivre le chemin qu’il nous trace). Quel merveilleux livre où s’agitent une multiplicité d’histoires et de personnages ! Histoires et personnages où nous pouvons nous retrouver, par lesquels nous pouvons nous interroger… et nous laisser changer. Il y a toujours une page pour nous étonner, frapper à la porte de nos intelligences, de nos émotions et nous amener jusqu’au cœur de Dieu.

La prédication de Jésus reprend et porte à son achèvement celle des prophètes. Sa vie, sa Passion, sa résurrection forment un récit qui dépasse tous les récits. Jésus est un « homme-livre ». Il raconte Dieu. On ne fait pas le tour de Dieu, on ne peut faire le tour du Christ. Ils s’y sont mis à quatre pour le raconter : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Et ils se sont mis à 12, les 12 apôtres, pour le commenter. Toute vie chrétienne est commentaire. Le meilleur commentaire n’est pas écrit part le scribe mais par le disciple. Simon, André, Jacques et Jean vont écrire par leurs choix, par leur sang, comment la Parole les a emmenés plus loin qu’eux-mêmes, vers la vie, la vraie vie…

Sur l’île, nous sommes les disciples du Christ. Nous commentons, par nos choix, la parole divine qui s’est incarnée en Jésus. Nous nous sentons parfois pauvres, médiocres. Nous nous sentons parfois heureux d’avoir, pour une fois, écrit modestement, en lettres de lumière, le désir de Dieu.

Nous écoutons, nous lisons, nous laissons descendre en nous, lentement la parole de vie. Et ça fait son effet. Pour que fleurissent fraternité, justice et paix. Les mots de la Parole de Dieu fixés dans le livre console ou percute nos choix, nos actions. Nos manières de nous conduire en ce temps de pandémie, comment ont-elles été passées, comment passent-elles, au feu de la Parole de Dieu ?

La Parole de Dieu interroge nos vies. Pour nous aider à répondre, nous les pauvres, les errants, il se donne encore et encore. Jésus commence sa prédication en Galilée par l’annonce d’une Bonne Nouvelle; avec quelques personnes. Il la termine sur le Golgotha par la croix; il n’y a pratiquement personne. Nous commençons l’Eucharistie par l’écoute de la Parole de Dieu, multiforme. Nous continuons par la célébration de la Passion, de la mort, de la résurrection, de la venue glorieuse. Jésus-livre se concentre dans le pain eucharistique auquel nous communions de tout cœur en tendant nos mains. Nos mains faites pour aimer, parler, travailler, agir et transformer ce monde. « Le Règne de Dieu est tout proche ». Ce matin, il est remis, avec le pain, entre nos mains. (Gérard Billon)

 
17 janvier : temps ordinaire : souhaiter, chercher, trouver

Jésus va et vient, dans la foule. En même temps, il « demeure » en un endroit unique.

« Que cherchez-vous ? » dit-il aux deux disciples : André et son compagnon anonyme, vous ou moi. Il ne dit pas « Qui cherchez-vous ? ».

On connait la formule « Dis-moi ce que tu lis et je te dirai qui tu es ». Ici, André dit à peu près : « dis-moi où tu habites et j’aurai peut-être une réponse à ma recherche… »

Quelle est donc la recherche d’André et de son compagnon ? Sans doute aussi de Simon. Et avant eux de Samuel. Après eux de Paul, des Corinthiens et de nous-même, peut-être.

D’un mot : ils cherchent la présence, l’actualité, l’action de Dieu. Différentes de la présence des divinités nombreuses de l’empire romain pour les Corinthiens. Elles comblent pour un temps nos corps mais la faim reprend. Elles prennent la tête, occupent l’esprit et le temps : argent, confort, travail, études, amitié, travail, toutes choses utiles mais secondes. L’actualité et l’action de notre Dieu prennent en charge les vœux que nous nous sommes souhaités : santé, bonheur, longue vie, amour… Elles les prennent en charge et les immergent dans le fleuve immense de son amitié pour l’humanité, de son souci pour la création.

André et son compagnon cherchaient cela. D’où leur présence auprès de Jean le baptiste. Or Jean s’est révélé un intermédiaire et, en voyant Jésus aller et venir, encore mêlé à la foule, il dit à peu près : « Tenez, celui-là, il peut répondre à vos vœux… »

Jean a été un intermédiaire pour André. André l’a été pour Simon. Paul l’a été pour les Corinthiens. Le prêtre Éli l’a été pour Samuel. Regardons nos histoires : quels ont été ces hommes, ces femmes – de nos familles, de nos communautés, connus ou inconnus – qui nous ont permis de prendre le chemin de la présence, de l’actualité, de l’action de Dieu…

« Que cherchez-vous ? »

Notre identité est double : 1) chercher, comme André et les autres… 2) être des intermédiaires comme André, comme Jean le baptiste, comme Paul, comme le prêtre Éli.

Jésus, lui n’est pas un intermédiaire. Où demeure-t-il ? Là où il demeure est le but de la recherche. Paul l’avait trouvé avant les Corinthiens et Jean le Baptiste avant André et André avant Simon.

Jésus va et vient dans notre humanité mais il demeure en Dieu, tout contre le cœur de Dieu. Nous venons à lui avec nos souhaits de santé, de bonheur, de longue vie d’amour. Nous le prions, nous sommes là pour ça.

Laissons émerger en nous nos souhaits pour nous-mêmes qui sont vœux pour les autres. Si nous pensons avoir trouvé Dieu en-dehors de ces désirs et de ces vœux, ce n’est pas Dieu.

Samuel était servant d’autel. Il faisait son service sans se poser de question. Il le faisait sans doute bien, avec cœur. Combien de fois Dieu a-t-il murmuré dans la nuit avant que Samuel puisse l’entendre ? Trop habitué à faire ce qu’il faut. Ce matin, Dieu murmure : « Que cherchez-vous ? »

Sortons de nos habitudes. Cherchons-nous où demeure Jésus. Nous le savons : il va et vient dans sa création, dans notre assemblée, dans sa parole, dans la célébration, parmi les chercheurs de justice et de paix. Il demeure dans le pain eucharistique, concentré d’amour, offrande pour la vie du monde, pour ceux et celles pour lesquels nous allons prier tout-à-l’heure, pour nous. Comme lui, il nous faut aller et venir dans le quotidien des jours. Avec lui, il nous faut demeurer tout contre le cœur de Dieu. (Gérard Billon)

 

10 janvier : fête du baptême du Seigneur

La lumière de Noël était douce et apaisée. L’étoile de l’épiphanie était brillante mais lointaine… En effet la lumière de Dieu n’éblouit pas, ne fascine pas, ne s’impose pas… mais se propose ! Elle s’adresse à notre liberté.

Aujourd’hui le texte de l’évangile nous parle du baptême de Jésus. Découvrons ensemble l’amour d’un Père pour son Fils, regardons ensemble ce que cet amour vient éclairer. Puis ensuite nous chercherons à savoir ce que peut signifier : « Être baptisé dans l’Esprit Saint ».

1- Que voyons-nous lors de cette scène surprenante du baptême de Jésus ?

« Du ciel une voix se fit entendre : Tu es mon Fils bien aimé ; en toi, je trouve ma joie » Celui que nous situons dans le ciel ne trouve pas sa joie en lui-même, mais dans un autre que lui : « en toi je trouve ma joie » ! Là où notre imaginaire voit souvent en Dieu Celui qui est « tout puissant » Celui qui fait ce qu’il veut quand il le veut, nous découvrons un Dieu « pauvre » … 

… « pauvre » parce qu’il dépend d’un autre, il dépend de celui dans lequel il « trouve sa joie » … et sa joie dépend de l’accueil qui lui est fait. Surprenant! Mais nous étions prévenus : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » avons-nous entendus dans la 1ère lecture.

Nous constatons alors que Jésus lui aussi est « pauvre ». Pauvre à la crèche ou rien ne lui appartient, pauvre à son baptême ou il est comme « tout le monde », pauvre toute sa vie ou il n’a rien ou même reposer sa tête, pauvre sur la croix évidemment.

C’est justement cette pauvreté qui lui permet de tout recevoir et c’est en recevant tout de son Père qu’il peut tout donner : son enseignement, ses miracles, sa vie même… jusqu’à nous envoyer l’Esprit, l’Esprit Saint qui est « Dieu qui se donne. » « Moi je vous ai baptisé dans l’eau, lui vous baptisera dans l’Esprit Saint » nous dit Jean Baptiste.

2- Que signifie « être baptisé dans l’Esprit Saint » ?

« Au moment où il sortait de l’eau, Jésus vit le ciel se déchirer ». « Le ciel se déchire » signifie que le « monde de Dieu » et le « monde de l’homme » communiquent. Ils sont en en relation. Être baptisé dans l’Esprit Saint c’est répondre OUI à la relation que Dieu propose, c’est donner à Dieu la possibilité de trouver sa joie en nous.

En première étape : il faut d’abord faire comme Jésus qui est allé de Nazareth aux rives du Jourdain, comme les bergers qui ont quittés leurs pâturages pour rejoindre la crèche, comme les mages qui viennent de l’orient. Il faut se déplacer… « Se déplacer » c’est laisser s’exprimer en nous ce désir indéfini, ce désir que rien sur terre ne peut combler !

C’est s’ouvrir jusqu’à découvrir cette réalité surprenante que nous sommes, comme Jésus, appelés à être des fils et des filles de Dieu…

Souvent l’on s’interroge : Pourquoi Jésus qui est sans péché a-t-il demandé le baptême ? C’est que le véritable centre de gravité du baptême n’est pas le péché…. Le cœur du baptême est de nous ouvrir à la relation d’amour que Dieu propose à chacun de nous. Le baptême nous ouvre à l’essentiel : « Pourquoi vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas » nous a dit Isaïe.

En conclusion nous pouvons dire que de la même manière que Dieu respecte notre liberté, nous aussi respectons la liberté du Seigneur ! Ne cherchons pas à faire valoir quelques mérites (on ne se crée pas de droits sur Dieu). Restons aussi pauvre que le Seigneur c’est ainsi que nous pouvons tout recevoir de Lui. Jour après jour, nous pouvons Lui dire : « Me voici »  et le laisser « trouver » en nous « sa joie ». Car c’est toujours le Seigneur qui prend l’initiative de la rencontre ! (Henri Miailhe)

 

3 janvier 2021 : fête de l’Épiphanie

Il y a des hommes et des femmes religieux qui honorent Dieu mais qui ne savent plus lire les signes de sa présence. Ils ne se laissent plus étonner. Ils sont installés dans leur confort religieux, leurs habitudes, comme des chats au coin du feu.

Il y a des hommes et des femmes moins, pas très, pas bien religieux mais qui, confusément, cherchent on ne sait quoi.

Les mages cherchaient on ne sait quoi. Ils viennent de loin. De très loin.

Ils ont suivi une étoile, certains diraient qu’ils ont suivi une chimère. Peut-être que leurs amis et leurs familles se sont moqués d’eux. Au cœur de leurs occupations, un imprévu les a fait bouger.

Ce sont des mages, autrement dit des gens pas très recommandables. Des diseurs de bonne aventure, censés lire l’avenir dans les astres et qui vivent de la crédulité des autres. Or Dieu les a rejoints au cœur de leur activité vaguement honnête. C’était la leur… alors il s’y est inséré et il l’a transformée. Il leur a permis de discerner une étoile parmi toutes les étoiles. D’autres mages avaient dû la voir, mais il n’y a qu’eux qui se sont dit : « il y a là quelque chose, autre chose… »

Ainsi se disent tous ceux et celles qui cherchent un sens à leur vie, à leurs occupations, qui cherchent Dieu sans savoir que c’est Dieu qu’ils cherchent. Un jour, un événement, un fait, une parole, une rencontre déclenche une aventure. Pour leurs amis, ce n’est rien, pour eux, c’est le début…

Le début d’un long chemin. Un chemin où les erreurs sont normales, prévisibles. D’ailleurs, ils se sont trompés : ils pensaient trouver un roi et ils se sont rendus à Jérusalem !

Leur quête aurait pu s’arrêter là, sur une impasse, un cul-de-sac. Combien sont-ils à s’être mis en route puis à s’être arrêtés en chemin, fatigués ou attirés par d’autres étoiles a priori plus brillantes ?

L’humour de Dieu – Matthieu le souligne – tient en ceci : ce sont les personnes installées dans leur religion – grands prêtres et scribes – qui vont les remettre sur le bon chemin. Car Dieu, dans sa sagesse, nous a laissé un endroit où chercher les réponses à nos questions : les Écritures. Grands prêtres et scribes ont trouvé tout de suite la réponse à la quête des mages. Mais ils sont si encroutés dans leurs habitudes qu’ils ne vont pas se lever de leur confort au coin du feu. Comme si, au fond, ils n’y croyaient plus, eux, les spécialistes de Dieu.

Car croire, c’est bouger. Croire c’est laisser Dieu nous guider. Malheureux sont ceux et celles qui se laissent emprisonner dans des images de Dieu, autrefois belles ; ils s’y cramponnent et en refusent d’autres alors que Dieu se tient à la porte de leur cœur. Malheureux sont ceux et celles qui refusent de se laisser étonner.

Les Écritures sont indispensables pour trouver le vrai, le bon chemin. Et les mages, devant l’étoile qui se lève maintenant des Écritures, sont remplis d’une « très grande joie ». Heureux ceux et celles qui lisent les Écritures, se laissent toucher, conduire par la Parole, fragile comme un enfant, puissante comme Dieu !

Mais les Écritures ne sont pas le point d’arrivée. Juste un point d’étape. Le but, c’est l’enfant et sa mère. Lui, l’enfant, le Dieu fait chair, devenu homme, offre sa vie, son pain, son sang. Et la très grande joie laisse place au silence de l’adoration. Nous nous inclinons devant le tout-petit. Il est plus grand que nous. Il est plus grand que tout.

Il ne reste qu’à lui offrir ce que nous avons de plus précieux : l’or qui, partagé, comble les injustices, l’encens au parfum entêtant qui donne un air de fête à chaque jour, la myrrhe qui coule, odorante, pour le bonheur des rencontres amoureuses.

Ces cadeaux sont, sur terre, les équivalents de l’étoile dans le ciel : des chimères pour les uns, des appels à la vie pour d’autres. Pour nous. Grâce à l’enfant-Dieu. Par lui. Avec lui. En lui. (Gérard Billon)

 
27 décembre, messe de la Sainte Famille.

Aujourd’hui, notre attention de chrétiens est attirée sur une certaine manière de vivre en famille. Sans être exhaustif, je pense que nous pouvons insister sur trois verbes : croire, s’étonner, grandir…

1- CROIRE. Guidés par Dieu, il faut croire en la vie, en l’amour, en la beauté. Même quand le monde est sombre et que le vent souffle fort. Abram a eu foi dans le Seigneur. Isaac est né de cette foi. Le couple formé par Abraham et Sara, celui de Joseph et Marie ou bien le célibataire qu’est Syméon, la veuve qu’est Anne, se sont tous laissé guider par l’Esprit saint… L’accomplissement de la promesse éternelle les dépassait et néanmoins passait par eux. Dieu a cru en eux et eux ont cru en un avenir plus vaste que le ciel, un avenir où leur peuple, fragilisé par des situations incertaines, serait consolé, délivré. Leur propre histoire, ils ont accepté qu’elle passe dans le feu du désir d’un autre, le Tout-autre, Dieu.

Avec cette foi, nos familles ne s’isolent jamais des autres. Elles entrent dans une histoire dont Syméon et Anne sont ici le résumé et la quintessence. Par la foi, nos familles s’insèrent résolument dans la société. Joseph et Marie se soumettent aux règles juridiques de leur temps, loyalement, simplement. Que serait un amour familial qui ne serait pas relié à l’amitié sociale, à la fraternité universelle ? Le « glaive » de la douleur n’est pas exclu. C’est lucidité. Néanmoins, la foi d’Abraham, de Marie, de Syméon fait éclater tout repli et repousse toute peur…

2- S’ÉTONNER. Après tout ce qu’elle a traversé, comment Marie peut-elle encore s’étonner ? Et Joseph ? Ils s’étonnent des paroles de Syméon. Ils s’étonneront encore. S’étonner est autre chose qu’admirer. Des parents admirent leurs enfants, c’est-à-dire qu’ils projettent, trouvent ou retrouvent en eux ce qu’ils connaissent, ce qu’ils espèrent. S’étonner est autre chose  : c’est repérer de l’imprévu, accepter d’être surpris – d’être déçu peut-être. Reconnaître que l’enfant aimé est un autre. Ni toi, ni moi, mais lui. Unique. Qu’il-elle devienne lui-même, elle-même, et non pas notre rêve… Quand ils s’étonnent, les parents montrent qu’à leur manière, ils peuvent encore grandir dans la foi en l’avenir et la beauté.

3- GRANDIR. À Nazareth, Jésus grandit et se fortifie, « rempli de sagesse » dit-on. Bien éduqué à Nazareth, il a ouvert les yeux sur les choses et les gens, tout ce qui fera la matière des paraboles qui nous font entrer dans le Royaume de Dieu. Jésus a été enchanté avant de nous enchanter. La sagesse qu’il a reçue est celle de son père, de ses pères, de la tradition de son peuple, de ses maîtres, des livres lus et médités à la synagogue. Il a grandi et il est parti. Fortifié par tout ce qu’il a reçu.

Il a reçu : de ses parents, de sa famille – large ! avec des frères et des sœurs. Il a reçu : de son village, de son peuple, d’une histoire, d’un terroir…

Au départ, sachant que tout est lié, Jésus doit ce qu’il est à une femme, Marie, qui a renoncé à elle-même. Il le doit à un homme, Joseph, qui a renoncé à ses rêves pour adopter ceux de Dieu. Elle a donné la vie. Il lui a donné la sagesse. À eux deux, ils lui ont donné de l’amour.

À eux deux, ils ont rendu visible la grâce de Dieu. Pour notre bonheur. Et notre salut. (Gérard Billon)