Paroisse Saint-Philbert-en-Noirmoutier
+
<>

20 janvier : St Sébastien

Ecouter les gens seuls

Chanter la messe de St-Philbert

Nos actualités

Homélie du dimanche

Bulletin Le Noroît

Agenda

2e dimanche ordinaire : Jésus lumière pour tous

Dans la première lecture, le prophète Isaïe nous fait partager le projet de Dieu sur un homme qu’il a choisi. J’adapte un peu ce que Dieu dit :  « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les croyants et ramener les égarés. Je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

« Relever », c’est-à-dire rendre l’espérance à ceux qui l’ont perdue. « Ramener », c’est-à-dire guider, ouvrir la route, anticiper les obstacles, rassurer, veiller… C’est déjà beaucoup. Dieu ajoute « C’est trop peu… ». Sa bienveillance, son amitié, son secours, son salut, ça doit être pour tou. Le porteur d’espérance et le guide doit être « lumière des nations », porter le « salut de Dieu » qu’il « parvienne jusqu’aux extrémités de la terre »

Jésus va porter ce projet et le réaliser. Le prophète Isaïe employait une image : « lumière des nations ». L’évangile de Jean en emploie une autre, celle de l’Agneau. Un agneau paraît faible et doux. Jésus partage cette faiblesse avec nous et c’est par sa douceur, qu’il faire une chose incroyable : ôter de notre monde « le » péché, ôter de nos cœurs et de nos vies la méfiance envers Dieu, la fermeture à Dieu, la fermeture aux autres, fermeture sur soi. Tou ça, ce sont des germes de mort. Jésus arrache le mal et, à la place, il met des bras ouverts, le pardon, la confiance…

Lors d’un baptême, on remet une lumière au baptisé en disant au parrain ou à la marraine : « recevez la lumière du Christ, veillez à l’entretenir auprès de votre filleul afin qu’il avance dans la vie en enfant de lumière ». Un enfant de lumière ouvre grand les bras, pardonne, fait confiance. C’est cela un chrétien ! Baptisés – ou sur le point de l’être – nous sommes des enfants de la lumière pour tous les habitants de l’île de Noirmoutier, quelles que soient leurs opinions politiques ou religieuses.

Pour que nous soyons vraiment des « enfants de lumière », Jésus nous baptise dans l’Esprit saint, comme il a été baptisé lui-même dans L’Esprit saint. Lui, il rend l’espérance, il ouvre la route de la fraternité. Le même Esprit nous conduit à rendre l’espérance à ceux et celles qui n’en ont pas.

Oui mais… il nous arrive de douter, de manquer d’espérance, de tourner le dos et à Dieu et à nos frères et sœurs. Comme des rechutes dans la mort. Tout-à-l’heure je dirai « Voici l’Agneau de Dieu qui enlèves les péchés du monde ». Les péchés ! Et non plus « le » péché. Pourquoi ? Le passage du singulier au pluriel signifie ceci, je pense : Jésus a arraché la mort spirituelle une fois pour toutes. Mais, comme une plante, la mort spirituelle a des rejets qui sont petits et qui poussent à côté de l’arbre mort. Ces rejets s’appellent désespérance, ras-le-bol, manque de confiance, jalousie, mensonge, envie d’avoir toujours raison, d’être le plus fort. Ca nous fait mal et ça fait mal aux autres. Alors, tout-à-l’heure, en recevant en nous le Christ, l’Agneau de Dieu, nous prions pour qu’il arrache les petits rejets. C’est à cela que vous, les catéchumènes, vous vous préparez. (Gérard Billon)

 

 

Baptême du Seigneur : il plonge dans notre humanité

Nous avons fêté à Noël la naissance de Dieu dans notre chair et sa révélation à toutes les nations. Dans les dimanches du « temps ordinaire » ce sera l’ordinaire des jours qui nous sera révélé comme l’espace de Dieu et de son Royaume. En effet, Dieu, désormais, nous rejoint dans la simplicité de la vie quotidienne et devient notre compagnon : voilà, me semble-t-il, l’une des significations du baptême du Seigneur.

Le baptême de Jean était un baptême de conversion. Il se voulait un renouvellement complet pour une manière de vivre plus ajustée à Dieu dans l’attente de son Règne à la fin des temps.

Jésus avait-il besoin de conversion ? Bien sûr que non. Mais il se glisse humblement dans la foule de ceux et celles qui savent qu’attendre le Règne de Dieu peut être éprouvant au quotidien avec l’envie de baisser les bras. Jésus vient donc nous rejoindre dans nos faiblesses. Lui-même ne faiblira pas, il ne fléchira pas. Au contraire, il se charge de nos erreurs, de nos faux pas, de nos infirmités de cœur. Il nous en guérira non pas du haut de sa grandeur mais par proximité, regard aimant et main amicale. Il est au milieu de nous « Immanu-el », Dieu avec nous, Règne de Dieu au milieu de nous.

En demandant à Jean d’être plongés une fois pour toutes dans l’eau qui lave et purifie, les croyants manifestaient le désir d’une vie autre. Plongé dans cette eau, Jésus se mêle aux pécheurs, mais des pécheurs qui se sont déjà pris en main. Ceux et celles qui viennent à Jean ont un grand désir. Ils se préparent à rencontrer Dieu qui non seulement parle cœur à cœur, mais soigne et relève…

Oui, Jésus s’immerge dans notre vie quotidienne pour nous amener bien au-delà de notre désir. Sa solidarité est telle qu’il partagera même – surtout ? – le sort de ceux et celles qui n’ont pas forcément de désir au cœur mais qui sont humiliés. Comme tant d’autres, lui-même sera humilié par un procès inique et, comme tant d’autres, il sera mis à mort injustement. Proximité, solidarité, fraternité.

Lorsqu’on a failli se noyer et que l’on jaillit de l’eau, nous respirons à pleins poumons. Vive la vie ! Solidaire de nous jusqu’à la mort, Jésus a jailli de la mort et il a respiré à pleins poumons la vie, la vraie, la vie éternelle. Et il nous entraîne. Du baptême de Jean jusqu’à la Passion, il avait amené notre désir sur les chemins du Règne de Dieu. Il nous tire maintenant hors des eaux mortelles pour nous faire respirer la vie éternelle. Il nous tire par le haut, il nous tire vers le haut.

Je conclus. Le baptême de conversion est un commencement. Il anticipe le baptême dans la mort et la vie du Fils bien-aimé. Un baptême unique. Tous les baptêmes du monde convergent vers ce moment unique du temps qui va de la mort sur le Golgotha et à la vie du matin de Pâques. Que nous ayons ou non un désir de changement, nous ressortons du fond des abîmes et nous respirons l’Esprit saint. Nous renaissons. Dieu s’est montré fraternel jusque à s’immerger dans notre humanité pour nous sauver. Il ne nous reste plus qu’à nous étonner, au fil des jours ordinaires, des êtres nouveaux que nous sommes et qu’il a re-créés. (Gérard Billon)

Epiphanie : l’étoile si loin, si près

Le grand rêve du peuple de Dieu chanté par le prophète, c’est que l’ensemble des peuples – les païens qui ignorent la vérité de Dieu – se dirigent un jour vers Jérusalem renouvelée. Car là se trouve la vraie lumière, la lumière de l’enseignement de Dieu, les repères qui pourraient donner harmonie et joie à tous les humains comme aux premiers jours du monde.

L’Église n’est pas Jérusalem. Mais, en elle, le trouve la vraie lumière, le Christ. Parmi ses missions : faire que tous les peuples le rencontrent. Dans l’obscurité ou la grisaille de notre histoire, il est, aussi éloignés que nous soyons les uns des autres, un point de repère lumineux. Notre mission est de tourner vers ce point lumineux le regard de ceux et celles qui sont encore dans l’ombre. Tourner le regard vers lui et, avec eux, nous en rapprocher peu à peu.

Les mages – des sortes d’astrologues en ce temps-là – ont discerné un signe, une étoile inconnue qui clignote au fond du ciel. Interpréter les signes du ciel, c’est leur activité. Ils ont interprété celui-ci pour en conclure que le « roi des Juifs » venait de naître. Et ils partent. Pour nous, il y a là une sorte de parabole : dans l’obscurité (l’ignorance de la vérité de Dieu), il est des clignotants lumineux plus ou moins discernables qui attirent et donnent et sens à la vie. Ils naissent avec le Christ et on ne le sait pas.

Partis dans la bonne direction, les mages se trompent sur le point d’arrivée : le vrai roi des Juifs n’est pas à Jérusalem, la capitale. Hérode, le roi régnant, s’inquiète et demande à ses conseillers de chercher. Où des croyants vont-ils chercher ? Dans le ciel ? Non, dans les Écritures saintes, ensemble de mots laissés par Dieu aux sages et aux prophètes. On cherche, on discute et on tombe sur la prophétie d’Isaïe. La vraie lumière serait née dans les faubourgs, à la périphérie, à Bethléem.

Alors – et alors seulement – l’étoile que les mages avaient discernée et à cause de laquelle ils s’étaient mis en marche, apparaît pour la deuxième fois. Elle réapparaît une fois que les Écritures ont indiqué le bon chemin, pas avant. Il fallait ouvrir le livre. L’étoile de Bethléem est la même de celle qui clignotait dans le ciel d’un pays lointain. Elle ne clignote plus, elle brille. Les mages n’ont plus qu’à éclater de joie devant le roi dont la vérité est d’être sur les genoux de sa mère, un roi sans armes, un roi de douceur, un berger qui veille, protège, soigne, guide – y compris des païens.

Pour nous la parabole continue : afin de répondre à ceux et celles qui tâtonnent dans l’obscurité, qui ont déjà perçu des signes lumineux, qui déjà se sont déjà mis en marche, ils faut des gens qui les orientent dans la bonne direction. Pour les mages, çà a été le peuple de Dieu et ses Écritures. Pour nos contemporains, c’est l’Église. L’Église est un immense livre vivant aux pages lumineuses. Elle n’est pas la lumière. Elle peut juste dire où est la lumière, la vraie, qui éclaire tout homme.

Il y a une seule étoile : le Christ, lumière du monde. Elle clignote dans le ciel ou l’obscurité de bien des gens, au loin. Elle brille pour nous. L’Église la porte, l’Église la chante, l’Église l’écrit, l’Église s’efface devant elle. Nous la portons, nous la chantons, nous l’écrivons, nous nous effaçons devant elle. (Gérard Billon)