Paroisse Saint-Philbert-en-Noirmoutier
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Mois de mai, mois de Marie

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Homélie du dimanche

Bulletin Le Noroît

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Pentecôte : des enfants menés dehors

La lettre de saint Paul aux Galates le dit de manière très simple : « Marchez sous la conduite de l’Esprit saint, Laissez-vous conduire par l’Esprit… » Se laisser conduire ? Laissez quelqu’un d’autre me donner des conseils, des repères, me guider ? Quand on est enfant, oui. Quand on est adolescent, çà rue parfois dans les brancards. Quand on est adulte, il faut une sacrée dose de confiance….

Nous sommes tous enfants de Dieu, quel que soit notre âge. L’Esprit est descendu sur nous au jour de notre baptême. Au jour de la confirmation, nous avons librement accepté son aide, sa présence. Au jour le jour, il demeure avec nous. Il faut juste lui permettre de se poser sur nous, accepter d’avoir besoin de lui pour parler à Dieu et de Dieu, lier amitié avec nos frères et sœurs. Nos liens avec les autres, notre solidarité, notre fraternité sont fragiles… Si nous avons laissé agir l’Esprit saint, il nous a permis d’entrer dans les Écritures.  Tout-à-l’heure, il va faire que le pain et le vin issus de notre travail nous plongent dans le grand mystère eucharistique où Dieu, en son fils, montre qu’il nous aime jusqu’au sang.

Aux yeux humains, le mystère set invisible. Aux yeux de la foi nous sommes conduits dans la vérité d’un acte dont nous ne pourrons jamais saisir la grandeur, la beauté et la force. Par le baptême, par la confirmation, par l’eucharistie, l’Esprit saint nous donne une famille. Comme toute famille, elle a son arbre généalogique…

Tout en bas, à la base de l’arbre, il y a Jésus. Puis, juste au-dessus, un groupe divers autour des apôtres, avec Marie et ses proches d’une part, ses compagnons de route de l’autre…

L’arbre grandit. Il se ramifie en de multiples branches : Parthes, Mèdes, Elamites, Mésopotamie, Phrygie, Pamphilie, Egypte, Rome, Arabes et Crétois… Encore quelques siècles et on ajoutera la Gaule, puis la France, la Vendée et nous, l’île d’Her, l’île de Noirmoutier. Regroupés dans la paroisse Saint-Philbert, habitants de souche, résidents ou gens de passages, nous sommes les descendants attentifs, joyeux – ou fatigués – du premier groupe chrétien.

Conduits par l’Esprit saint, nous ne nous replions pas sur nous-mêmes. Rassemblés en ces murs, confortés par la Parole de vie et le Pain de vie, dimanche après dimanche, nous laissons l’Esprit ouvrir portes et fenêtres. Nous laissons guider dehors. Car l’Esprit saint nous envoie en-dehors de ces murs vers ceux et celles que nous aimons mais qui ne sont pas encore de la famille issue de Jésus-Christ.

Vous l’avez remarqué : si l’Esprit saint répond en quelque sorte à la prière des gens rassemblés dans la maison, il vient néanmoins du dehors. Et il jette Pierre dehors ! Il le prend, il nous prend, il l’encourage, il nous encourage, il l’envoie, il nous envoie. Dehors, on nous attend – parfois même au tournant, car nous ne sommes pas exempts de maladresses. Des gens divers nous espèrent. Exigeants, ils nous demandent une amitié, une vérité qui nous juge. Et nous leur montrons que la prière, le service, l’approfondissement de la foi, çà nous rend heureux. L’Esprit nous souffle ce qu’il faut dire, ce qu’il faut faire, même si nous sommes maladroits.

Laissons-nous conduire par l’Esprit saint. Nous sommes nés d’un petit groupe qui a accepté de sortir de son confort et de ses certitudes. Encore fallait-il accueillir l’Esprit saint. Nous l’accueillons. Aujourd’hui, c’est notre anniversaire. Bon anniversaire ! (Gérard Billon)

 

7e dimanche après Pâques : consacrés, sanctifiés

Jésus sait que sa mort, sa résurrection et le retour vers le Père sont désormais imminent. Alors il se prépare à “passer la main”, et pour cela il prie. Pendant 3 ans il a agis : enseigné, formé, gardé ses disciples, il sait que ce sont eux qui vont prendre le relais, eux qui vont être envoyés pour que chaque homme découvre qu’il est personnellement aimé de Dieu, mission stupéfiante en elle-même, mais plus encore lorsqu’on connaît comme Jésus la grande résistance du monde à l’accueil de l’amour. C’est pourquoi, il laissera à ses disciples deux enseignements majeurs, mais surtout il priera son Père de garder ses disciples.

Quels sont ces deux enseignements importants que Jésus laisse à ses disciples ?

Le premier enseignement de Jésus a été de leur faire découvrir à ses disciples, qu’ils sont consacrés, sanctifiés et eux-mêmes habités de l’amour de Dieu ! Cela signifie comme Jésus, ils ont pour mission d’être le lien entre Dieu et le monde. C’est ce qu’un père du désert du IVè siècle, a traduit par un conseil surprenant : “Garde tes pieds dans le fumier et ta tête au ciel !” Reste les pieds bien sur terre, mais laisse à travers toi l’amour de Dieu se manifester dans le monde. C’est ce que le célébrant dira d’une autre manière à Anton, en lui disant juste après le signe de l’eau “Tu es désormais Prêtre, Prophète et Roi”.

Le deuxième enseignement de Jésus réside dans son unique commandement : “Aimez-vous les uns les autres”, c’est le commandement de l’amour mutuel, celui par lequel Jésus demande d’aimer, mais aussi d’accepter d’être aimé. En effet, pour se développer et vivre l’amour nécessite réciprocité et communion. Car aimer c’est permettre à d’autres d’aimer à leur tour. Mais aimer, est difficile, nous en faisons chacun quotidiennement l’expérience. Aimer vraiment est même au-delà de nos propres forces, c’est vrai, car l’amour est une œuvre commune, c’est une œuvre à la fois humaine et divine, c’est une décision personnelle d’aimer, mais pour porter du fruit, elle doit être fécondée par la grâce de Dieu. c’est pourquoi Jésus prie son Père d’accompagner ses disciples dans leur mission, et pour cela il Lui demande “de garder ses disciples pour qu’ils soient un comme nous sommes un”. “Un” entre eux par l’amour mutuel, nous venons de le voir. Mais surtout “un” avec l’amour de Dieu. Car ils ne peuvent aimer que dans la mesure où ils sont habités par l’Esprit d’amour. C’est l’Esprit d’Amour, l’Esprit de Dieu que va recevoir Anton par son baptême. Nous savons bien qu’aimer véritablement, n’est pas un sentiment, mais bien une décision, une vertu, une force, et que celle-ci n’est véritablement solide que si elle est la manifestation de l’amour de Dieu. La deuxième prière que Jésus adresse à son Père est :”Je ne te demande pas que tu les retires du monde,  en effet leur mission est d’agir dans le monde. Mais je te demande : “de les garder du Mauvais”, garde les de celui qui cherche à séparer l’homme de Dieu, garde les de celui qui n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il voit un homme rejeter l’amour que Dieu lui propose. Au cours de la cérémonie du baptême d’Anton, nous affirmerons ensemble rejeter le malin.

En conclusion, nous pouvons souligner, que chacun de nous nous somme envoyés, car nous sommes consacrés, sanctifiés par notre baptême. Le chemin par lequel passe notre mission, c’est l’amour mutuel, c’est la communion entre nous. Alors chacun pourra dire : voyez comme ils se respectent, voyez comme ils se valorisent, voyez comme ils se pardonnent. C’est de notre charité les uns envers les autres que naîtra dans le monde la foi et l’espérance dans l’amour de Dieu. (Henri MIAILHE)

 

Ascension : commencement de la fin des temps

On peut être amis de Jésus, faire partie de ses compagnons fidèles, avoir été catéchisé par le Ressuscité, le reconnaître Fils de Dieu et sauveur du monde… et, néanmoins, se tromper encore sur l’Évangile, sa largeur, sa profondeur, sa vérité.

Ainsi, selon la première lecture, les apôtres, nos modèles, ont-ils gardé une vision étroite du royaume de Dieu. Ils semblent le confondre avec un royaume de type terrestre. Ils parlent de le « rétablir ». Non pas de l’« établir ». Dans rétablir, j’entends « restaurer » un royaume disparu avec ses repères et ses valeurs, « relever » ce qui s’est effondré dans le cours de l’Histoire, j’entends l’expression d’une nostalgie pour le passé. Or, Jésus n’est pas venu « rétablir » ce que nous avons connu. Il est venu « établir » un royaume nouveau. Nous n’en sommes pas les maîtres. Alors, avant de partir, Jésus prend soin de nous dépouiller : « ne vous préoccupez ni de la venue du Royaume de Dieu ni de la fin des temps ». L’avenir n’est pas incertain, il est inconnu et nous y avançons dans la foi et l’espérance La dimension universelle du Royaume secoue nos frilosités. La Royaume est aussi vaste que la création et nous n’avons pas fini de courir « jusqu’aux extrémités de la terre ».

Le Royaume est là. La fin des temps est notre horizon : nous attendons la venue glorieuse du Christ aujourd’hui à la droite de son Père. D’ici là, vivons, agissons, témoignons, allons de l’avant… De quoi témoignons-nous ? Sinon de la grandeur et la bonté de Dieu. Sinon de sa victoire du Christ sur la mort. Sinon de l’espérance où le passé plonge dans l’avenir : « nous attendons que tu viennes » chantons-nous au Christ lorsque nous faisons mémoire, dans l’eucharistie, de sa mort et de sa résurrection.

Donnons au monde des points de repères : sur la sauvegarde la paix et de la planète, sur la transition écologique, sur les débats sur la vie et la fin de vie. Ce n’est pas en toutes lettres dans les textes évangéliques, mais l’Évangile est là pour que nous regardions en face les dangers et les maladies. Et notre foi, à défaut de soulever les montagnes, peut soulager les malades et mettre du baume sur les malheurs du temps.

Partageons nos convictions pour une économie plus solidaire, une vie en société plus fraternelle. Nous tenons à la vie, menacée mais si belle. Nous défendons la dignité de toute personne, en particulier les plus fragiles. C’est de notre responsabilité de le dire et de le montrer. Et surtout de montrer que ces réflexions, ces actions nous rendent heureux.

Nos actions, nos réflexions ne sont pas toujours comprises par la société. Il nous faut donc les reprendre, les reformuler, et, en les reformulant, nous les passons au crible de l’Évangile. Que notre manière d’annoncer l’Évangile soit en accord avec l’Évangile, sans violence, sans amertume, avec patience, avec humilité, douceur et bonté…

Bien des gens ont soif d’absolu, soif de Dieu. Le Christ nous envoie vers eux. Les extrémités de la terre commencent dès que nous franchissons le seuil de cette église pour aller dehors… (Gérard Billon)