<>

Covid19 : les règles pour le culte

Horaires des Messes

Bulletin Le Grand Large

Méditer la Parole

Agenda

ARCHIVES ÉDITORIALES


éditorial de juillet-août 2020

La croix, le livre et la charrue…

 

Hormis le dimanche, le mois de juillet nous offre cinq fêtes : deux patrons de l’Europe, Benoît et Brigitte (11 et 23 juillet) et trois apôtres, à savoir Thomas (3 juillet), Madeleine (22 juillet) et Jacques le Majeur (25 juillet). Le mois d’août nous offre une solennité, celle de l’Assomption de la Vierge Marie (15 août) et trois fêtes, celles de la Transfiguration du Seigneur (6 août), celle de Saint Philbert, patron de notre paroisse (23 août) et de saint Barthélémy (24 août).

Selon une belle formule, Benoît « a apporté le progrès chrétien à l’Europe par la croix, le livre et la charrue » (Paul VI). Benoît est la référence de tous les moines bâtisseurs, dont Philbert cher à notre île. Philbert a aménagé un port, des canaux, des cultures, des salines… Tous, ils ont évangélisé – et donc humanisé – bien des pays. Du 11 juillet au 23 août, nous suivons leurs traces.

La croix ne va pas sans le livre et la charrue. Les mots « culture » et « agriculture » sont proches. En hébreu, la première langue de la Bible, « cultiver », « travailler » et « servir » sont par ailleurs des mots quasi-équivalents. Mais… Le service peut devenir asservissement. Le travail peut se tourner en exploitation des humains et des ressources naturelles. L’éducation et la culture, au lieu d’humaniser, peuvent creuser les disparités et durcir les conflits.

Reste un livre parmi d’autres : le livre de la Parole de Dieu dont les mots définissent l’Évangile. À la suite des apôtres, nous savons que l’Évangile prend la forme d’un double service libérateur, celui de Dieu et celui de nos frères et sœurs. Le service de Dieu est le culte. Nous y célébrons son amour. L’action de grâce – l’eucharistie – demande chaleur fraternelle et reconnaissance des fautes, accueil du salut, chant et musique. Le service de Dieu trouve sa vérité dans le service de notre semblable, le service de la création et des humains, la mise en œuvre du droit et de la justice. Plusieurs rendez-vous montrent que cela se vit au quotidien; en témoignent Louis et Zélie Martin, Mère Yvonne-Aimée de Malestroit, Maurice Zundel ou Marie-Euphrasie Pelletier.

Que l’Évangile continue, par nous, sa tâche d’humanisation dans une Europe qui peine à se remettre du Covid19. Notre souci de la fraternité invite à participer à la construction d’un monde nouveau, avec la certitude que le Règne de cieux vient sur la terre comme au ciel. P. Gérard Billon


Editorial de juin 2020

Comme avant ?

Peu à peu nos rassemblements reprennent. Il faudra du temps pour qu’ils redeviennent, du point de vue de leur nombre, comme avant. La menace du coronavirus s’éloigne et n’a pas disparue.

Mais allons-nous les vivre « comme avant » ? Plus largement, allons-nous « vivre » comme avant ? Les semaines que nous venons de traverser ont été rudes, même si notre île a été épargnée. Je me réjouis de ceux et celles qui disent : « oh, il y a des choses à changer… », qui ont fait le tri entre l’essentiel et le secondaire et qui pensent à imaginer, à construire le « monde d’après » qui commence, là, maintenant. Cependant, je le crains, la tentation va être grande de revenir aux habitudes « d’avant ». « Chassez le naturel, il revient au galop… » Et ce naturel-là peut être un frein au spirituel que nous avons redécouvert…

Chacun-e a redécouvert l’importance vitale de la communauté du dimanche.

Chacun-e a redécouvert l’espace des maisons comme le lieu premier de notre relation à Dieu par nos proches. C’est dans une maison de Jérusalem, pas au temple, que les apôtres et Marie ont reçu l’Esprit saint. C’est dans une maison de Rome que Paul, à la fin du livre des Actes des Apôtres, annonce librement l’Évangile.

Chacun-e a pu effectuer un retour sur soi-même durant tout le temps pascal. La Parole de Dieu, si riche dans sa diversité, a été notre secours toujours à portée de main sur papier ou ordinateur. Le mot « spirituel » a pris une force inouïe. Bonheur de redécouvrir que « Tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur » (Deutéronome 30,14 et Romains 10,8).

Les relations sociales reprennent, la vie communale s’organise, le monde de la culture rêve. Notre vie de foi ne peut pas rester à la traîne. Dans la vie d’avant, dans nos assemblées d’avant, il y a des éléments à changer. Encouragés par le souffle de l’Esprit, visible, joyeux. Pour un nouvel élan missionnaire. P. Gérard Billon

 


Editorial de mai 2020

Vous m’avez manqué !

Je suis allé dernièrement visiter une personne atteinte d’un grave cancer. Elle a reçu le sacrement des malades. Nous avons prié et échangé grâce à la Parole de Dieu. Elle a communié au Corps eucharistique du Seigneur.

Actuellement, alors qu’elle prie et lit les Écritures, alors qu’elle est entourée de l’amour de son mari et du soutien de beaucoup, comment vit-elle l’impossibilité de la messe du dimanche ? « Ce qui me manque, c’est d’être portée par la communauté ».

C’est quand elle nous manque que la communauté rassemblée du dimanche apparaît vitale. Qu’a-t-elle donc de vital ?

La messe est un don. Un don empêché non par le gouvernement mais par un méchant virus mondialisé – qui n’a pas encore été vaincu.

Avec le déconfinement, peu à peu les messes vont reprendre. Avec beaucoup de prudence. Allons-nous les vivre « comme avant » ? Nous avons souffert. Sur notre île, sans doute moins qu’ailleurs. Mais il y a eu, comme partout, des morts, des familles en deuil, des personnes enfermées dans la solitude.  Il y a eu aussi des gestes de solidarité, anonymes et beaux, liés ou non à l’Évangile.

De ce temps d’épreuve, gardons en mémoire que l’espace de nos maisons est le lieu premier, simple et pas si facile, de notre relation à Dieu par nos proches.

Le Christ ne nous a pas fait défaut, ni l’amour du Père ni le souffle de l’Esprit. Dieu est « plus intime que l’intime de moi-même » (saint Augustin). Mais l’assemblée dominicale nous a manqué. Elle nous manque et va nous manquer encore car il faudra plusieurs semaines (plusieurs mois peut-être) avant qu’elle soit vraiment reconstituée, plus vive, plus fraternelle. Comment avons-nous vécu l’impossibilité de nous rassembler physiquement ? Est-ce que cela a modifié notre regard sur l’eucharistie ? Sur la Parole de Dieu ? Sur leurs liens ? Sur notre paroisse ? Sur l’Église, « corps du Christ » ?

Que l’Esprit de Pentecôte nous pousse à un vrai renouvellement ! Dans la confiance. P. Gérard Billon

 


Editorial spécial confinement

Fraternité en temps d’épidémie

Dans la crise grave que nous vivons, il convient tout d’abord de respecter avec rigueur les consignes sanitaires : pour nous chrétiens, le sens de ces gestes et attitudes de solidarité est celui d’une fraternité difficile et vraie.

La fraternité, c’est aussi, pour nous, habitants de l’île à l’année, l’accueil de celles et ceux qui sont arrivés dernièrement et qui traversent avec nous la période de confinement.

La fraternité, c’est nous reconnaître fils et filles du même Dieu, Père de Jésus-Christ, dans le souffle du même Esprit. Pour cela, notre évêque, Mgr François Jacolin, vient de nous adresser un message, nous invitant à renouveler les trois piliers du Carême : le jeûne, la prière et l’aumône :  message de Mgr Jacolin

Pour la prière, la première de toutes est l’eucharistie du dimanche. En ce temps difficile, la communion spirituelle ou « de désir » est celle qui convient. Il y a ensuite toutes les autres prières, à commencer par le chapelet. Des prières, particulières à notre île, sont données ici : prières de Noirmoutier

Selon les livres de la Loi, le peuple d’Israël a passé quarante ans dans le désert, au milieu des dangers – aussi bien externes (les ennemis) qu’internes (les divisions, les murmures contre Dieu). Une génération est morte, une autre est née. L’une a connu la joie de la libération du servage, l’autre la joie d’entrer dans la terre « du lait et du miel ». Pour nous, celle-ci viendra au matin de Pâques, même si, cette année, nous allons devoir nous dépouiller de tout rituel solennel, communautaire, festif. Notre joie, notre envie d’annoncer la Bonne Nouvelle n’en sera peut-être que plus profonde. P. Gérard Billon

 


Édito de mars 2020

De la journée mondiale de prière à la prière de chaque jour

L’initiative est partie des sociétés missionnaires protestantes au 19ème siècle ; aujourd’hui, elle s’est étendue à toutes les confessions chrétiennes.En 1887, aux Etats-Unis, naît une union de groupes où des femmes prient pour les plus défavorisés. En 1927, le mouvement acquiert une dimension internationale et œcuménique. En France, la Journée mondiale de Prière, connue dès 1929, prend de l’ampleur à partir de 1988.

Le premier vendredi de mars, tout autour de la terre, dans 180 pays, une même prière s’élève vers Dieu. Elle est à chaque fois rédigée par les femmes d’un pays, le Zimbabwe en 2020, ce qui est une occasion de s’insérer (un peu) dans une autre culture. Sur notre paroisse, elle est relayée le vendredi 6 mars par des femmes de l’Eglise Protestante Unie et l’Action catholique des femmes.

Tous, nous sommes invités, hommes et femmes, jeunes et anciens. La méditation portera sur la guérison du paralytique dans l’évangile de Jean (5,2-9) : « Lève-toi, prends ton grabat et marche » ! L’Esprit saint nous guidera. Notre vie prendra une autre dimension. Pour un-e- disciple du Christ, prier et agir sont les deux faces de la même réalité.

Il y a des prières exceptionnelles, celles de cette journée ou des fêtes et des grands rassemblements. Il y a les prières simples, plus régulières, d’abord celles communautaires du dimanche et ensuite, celles quotidiennes du secret des cœurs.

On peut prier pour soi, pour l’Eglise, pour le monde, pour ceux que nous aimons (un peu, beaucoup ou pas du tout…) On peut louer, implorer, adorer. Mais, depuis le début du Carême, nous le savons : ce n’est pas l’accumulation des prières qui compte (le « toujours plus ! ») c’est leur qualité, la valeur multipliée de l’amour fraternel qui y est reçu et donné. Reçu de Dieu, donné à nous. Offert à Dieu, redonné par lui. P. Gérard Billon


Édito de février 2020

La lumière des nations

Le mois de février commence par la fête de la Présentation de Jésus au temple et se termine par le premier dimanche de Carême.

À Noël, les bergers représentent les gens simples, délaissés par les gens de pouvoir. À l’Epiphanie, les mages représentent les hommes et les femmes en quête de vérité, quelle que soit leur religion (ou leur non-religion). Lors de la Présentation au temple, avec Syméon et Anne, ce sont les anciens, les gardiens de la mémoire, qui rendent hommage à Jésus.

À chaque fois, Jésus éclaire nos vies. Dans la nuit de la naissance, sa vive lumière perce les ténèbres du cœur et des sociétés. Pour les chercheurs de Dieu, il est l’étoile qui met en route et qui se fait point de repère. Pour les anciens d’Israël, il est le meilleur de la tradition qui projette sa clarté sur la bonté de Dieu.

Syméon et Anne ne sont pas des gens qui disent « c’était mieux autrefois » ou bien « retournons à ce qui se faisait avant ». Ils nous rappellent seulement que tous, nous sommes issus d’un pays et d’une culture. Dieu se fait modeste et s’inscrit dans les coutumes du peuple juif. Jésus est circoncis, comme tous les petits garçons de son âge.

Syméon et Anne nous rappellent aussi qu’une tradition vivante voit large, voit loin. L’espérance d’un monde meilleur, l’attente du Messie sont à la fois « gloire d’Israël » et « lumière des nations ». Les nations païennes ont part au salut de Dieu ! Au même titre que le peuple qui a gardé précieusement l’attente du Messie ! Les apôtres et saint Paul ne feront plus de la circoncision un passage obligé pour être intégré dans le peuple de Dieu. Personne n’est exclu. Notre signe d’appartenance, c’est le baptême et la marque de l’Esprit saint.

À la fin du mois, le Mercredi des Cendres nous invitera à méditer cela : notre identité chrétienne, notre baptême, notre soif d’un monde meilleur par Jésus Christ, lumière du monde, avec lui et en lui ! P. Gérard Billon


Édito de janvier 2020

Avec Marie, deux souhaits pour 2020

Marie a été recouverte de la grâce de Dieu, elle a donné son amour à son Fils et vécu la communion dans l’Esprit saint avec lui, Jésus, avec Joseph, avec ses proches et avec l’humanité entière. 

Qu’elle nous aide à vivre la communion entre nous. Appeler Dieu « Notre Père », c’est du même mouvement nous reconnaître frères et sœurs, unis par un triple lien qui nous précède et qui nous dépasse : « la grâce » qui est cadeau, « l’amour » qui se donne, « la communion » qui se tisse constituent le versant historique, concret, de la foi en Dieu. Oui, que la communion par la prière, par l’action, par notre argent, par le dévouement des associations, soigne les blessures là-bas, en particulier dans les pays d’Afrique qui sont meurtris et ici, dans les périphéries de l’Église.

Que Marie nous aide à vivre l’humilité. Le dessein de Dieu s’est réalisé à travers obstacles, résistances, ambiguïté. Peu ont reconnu le Fils de Dieu dans la mangeoire pour animaux – et moins encore dans le crucifié du Golgotha. Qui comprend que celui-là ait pu pardonner à ceux qui le mettaient à mort ? Comprendre la crèche, la croix et le pardon, c’est entrer dans l’humilité de Dieu.

L’humilité n’est pas triste. La crèche suscite la joie chez les bergers. Et la croix a un avenir : le matin de Pâques. La joie des disciples missionnaires s’enracine dans la possibilité de franchir les obstacles, de faire reculer les ombres de la nuit. La joie des disciples missionnaires s’enracine dans la possibilité ouverte par le charpentier de Nazareth de franchir la mort par le don de soi.

Cela fait partie des choses à nous partager dans la réflexion voulue par notre évêque d’un « nouvel élan missionnaire de nos paroisses ». Partager notre joie de savoir que notre monde est sauvé.

Ces deux souhaits, communion et humilité, Marie les a vécus. À Nazareth d’une part – ceci pour l’humilité. Au pied de la croix d’autre part – ceci pour la communion. Avec le disciple que Jésus aimait, elle nous a reçus comme fils et filles.

Qu’elle nous protège et nous garde. P. Gérard Billon


Édito de décembre 2019

Entre nos mains…

Noël pourrait être la fête du consensus. Les querelles de famille s’effacent devant les repas illuminés et le sapin de Noël. Les difficultés de l’âge adulte s’estompent devant les souvenirs d’enfance et l’on chante avec joie « Douce nuit » ou « Les anges dans nos campagnes »…

Mais Noël est une fête fragile. L’harmonie que désirent nos cœurs se tient en équilibre sur un jeu de contraires. Tout au long de l’Avent et jusqu’à la messe de la Nuit, les poèmes du prophète Isaïe opposent la nuit et la lumière, la guerre et la paix, la fatigue et la volonté de revivre, le pays meurtri et la moisson d’été. Le droit et la justice, les deux piliers de la politique, sont mis en cause et, dans un sursaut de confiance, sont remis à un enfant. Non pas un homme adulte bardé de diplômes mais un petit enfant. En qui Dieu s’est donné. Qui a tout à apprendre. De nous.

Aujourd’hui comme hier, Dieu remet son corps entre nos mains.

Autour du berceau, vont et viennent les païens et les Juifs, les charlatans et les savants, les travailleurs et les resquilleurs, les inquiets et les blasés, les explorateurs de l’avenir et les nostalgiques du passé. Qui va l’aider à se repérer dans la vie ? Il a besoin de notre protection, de nos points de repères. Nous avons besoin de son envie de vivre. P. Gérard Billon