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Vœux 2023 de la paroisse

Parcours Alpha

Bulletin Le Noroît

Agenda

ARCHIVES ÉDITORIALES de l’année liturgique A, 2022-2023

 

Janvier 2023 : La bonne étoile

Au début, les mages se sont trompés : le Messie n’est pas né dans la fière Jérusalem. Il a préféré un village de faubourg au nom symbolique de ce que Dieu nous donne. Bethléem signifie en hébreu  « maison du pain ». Or, en arabe, il signifie « maison de la chair ». Sans le pain, notre chair dépérit ! « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » demandons-nous à Dieu notre Père. Lequel répond que notre chair ne se nourrit pas seulement de pain. De quoi alors ? De toute parole qui sort de la bouche de Dieu dit l’Écriture sainte. Pour arriver à la « maison du pain » et « de la chair », les mages ont du se plonger dans l’Écriture (ils ne la connaissaient pas avant) et ils ont repris le bon chemin ensuite. Grâce à leur écoute, la Parole de Dieu est devenue joie, beauté, lumière. Leurs cadeaux ont été des éclats de lumière (l’or), des parfums pour embaumer la maison (encens), des ajouts naturels pour donner de la douceur au vin de la fête (myrrhe). Les sens que sont la vue, l’odorat, le goût ont été exaltés !

En 2023, que nos sens soient exaltés. Que nos oreilles sachent écouter la Parole de Dieu. Que notre toucher puisse ouvrir le livre des Écritures et qu’il puisse créer de l’amitié en serrant les mains. Que nos actes répandent la bonne odeur de la fraternité. Que nos yeux deviennent plus vifs pour repérer les joies et les peines de notre monde. Que notre goût se délecte du pain eucharistique, si simple, si vrai.

Cette année 2023 est l’année du Synode sur le « marcher ensemble » ou, selon le jargon théologique, sur la « synodalité ». Nous réfléchissons à cette marche depuis deux ans, ministres ordonnés et laïcs, hommes et femmes, religieux ou non, enfants ou anciens. Déjà de timides changements se font jour dans nos relations. Cette année 2023 est aussi l’année des JMJ à Lisbonne. La jeune génération se retrouvera demain en responsabilité dans la société et dans l’Église. Déjà, certains font des choix pour une écologie quotidienne, pour habiter autrement notre planète, « maison commune » abimée par le mépris et le profit.

L’Esprit de Dieu nous guidera. Comme il le fait toujours. Il est notre bonne étoile. (Gérard Billon, curé)

 

Décembre 2022 : Dieu « avec-nous »

Noël est la fête de l’immersion de Créateur dans sa création. En Jésus, Dieu se remet entre nos mains. Il se confie à nos soins, à notre amour. Avant de nous soigner à son tour et de nous montrer tout son amour.

Le Dieu unique, maître des temps et de l’Histoire, s’inscrit dans une famille, une société, une histoire. Il vient vers nous, au milieu de nous. Il se mêle à nous. Sans tambour ni trompettes. Sans rien de spectaculaire. Sa présence, banale aux yeux de l’administration romaine, devrait être considérée par nous comme un miracle permanent : Emmanuel, « Dieu-avec-nous » !

Au cours d’une vie, bien des gens sont « avec-nous » : nos parents, nos fratries, nos amis, nos conjoints, nos enfants, nos collègues de travail, de loisir, nos compagnons de combat. La présence d’un père, d’une mère, rassure l’enfant : « Je suis là, tu n’as pas à avoir peur… ». Ce « avec-nous » se transforme au fil du temps : un jour, les oiseaux volent de leurs propres ailes. Mais ils ne coupent pas les ponts. Ils sont là. Autrement.

Aujourd’hui, Jésus l’Emmanuel est toujours avec-nous, à nos côtés, solidaire, fraternel. Sa présence est multiforme. Dans le pain eucharistique consacré et distribué bien sûr, mais aussi dans la Parole proclamée, reçue, méditée. Dans les appels – criants ou non – des laissés pour compte. Dans la communauté rassemblée. Dans la création qui gémit en attendant la fin des temps.  Depuis notre baptême, parce qu’il s’est immergé dans notre humanité, Jésus nous « sauve » de nos égarements et s’engage à rester à nos côtés, à agir avec-nous. Il sait comment.

Jamais sa présence n’est encombrante. Parfois à un parent, à un ami trop insistant, nous avons envie de dire : « laisse-moi respirer ! » ou « lâche la pression ! » Avec Jésus Emmanuel, pas de pression, nous respirons… Il nous rend libre, il fait grandir notre liberté, il nous apprend à résister au mal, à la peur, au découragement…

À Noël, en Jésus Dieu apprend à nous connaître. Il apprend comment mieux être « avec-nous ». Accueillons-le, il nous accueille. Soignons-le, il nous soigne. Aimons-le, il nous aime. Et chantons-lui une berceuse…

 

Novembre 2022 : « Heureux les… »

Entendre les béatitudes le jour de la Toussaint est un appel à un sursaut joyeux, celui-là même qui nous saisit à l’écoute du jugement dernier le jour du Christ-Roi. Le drame des « maudits » est de n’avoir pas « vu », de n’avoir pas supporté de voir la détresse des humiliés qui sont « notre propre chair » et auxquels Jésus s’est identifié à jamais.

Le dimanche 20 novembre est celui du Secours Catholique dont nous connaissons les activités sur l’île. Nous célébrerons aussi la Journée mondiale des pauvres. Nous pouvons parfois être découragés par les situations, humaines, économiques, et nous savons bien que les efforts individuels ne résolvent pas les failles de nos structures.

Structures de la société, structures de l’Église. A un an du prochain synode romain des évêques, des remous sont provoqués dans divers pays par la consultation du peuple chrétien. Il va être difficile de rééquilibrer les relations entre hommes et femmes, entre les laïcs et ces serviteurs que sont les « ministres » ordonnés (évêques, prêtres, diacres). Au milieu du siècle dernier, l’Église se croyait puissante. Elle voit maintenant ses faiblesses, ses égarements. Aujourd’hui, ses yeux s’ouvrent et çà fait mal.

Le Roi des cieux est pauvre, il nous juge, il nous responsabilise, il nous regarde, il espère en nous. Nous pouvons être malheureux de la situation de notre Église – et particulièrement de notre Église en Vendée. Nous passons au feu de l’épreuve. Le temps est venu de réentendre le vent des béatitudes. Nous avons affublé Jésus d’oripeaux clinquants pendant des siècles. Alors qu’il est si simple, si proche, si humain… Gérard Billon, curé