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Bouleversés et résolus

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Bulletin Le Noroît

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Vie de saint Philbert

Philbert (ou Philibert) est né en 616 à Eauze (Gers), capitale de l’Aquitaine, au temps du roi franc Dagobert. Son père, Philibaud,  était un haut fonctionnaire royal, équivalent du préfet moderne, qui fut nommé évêque d’Aire-sur-Adour par les habitants.

Élevé à la cour du roi à Clichy, Philbert est d’abord destiné à une carrière administrative. Ami des futurs saint Wandrille et saint Ouen, il entre à vingt ans à l’abbaye de Rebais (Seine-et-Marne) fondée par ce dernier. En 650, à 34 ans, il en est élu abbé.

Après une révolte des moines, il se met à voyager d’une abbaye à l’autre en France, en Suisse, en Italie, et fait provision d’expériences. Philbert fonde lui-même en 654 une abbaye dans une boucle de la Seine : Jumièges. Il y accueille plus de soixante-dix moines.

En 675, en conflit avec Ebroïn, maire du palais, il est emprisonné à Rouen. Libéré mais interdit de séjour à Jumièges, il trouve asile auprès de l’évêque de Poitiers, Ansoald. Celui-ci l’autorise à fonder un monastère aux confins de son diocèse dans l’île d’Herio, la future Noirmoutier qui lui doit son nom actuel (transformation linguistique du bas-latin in Herio Monasterio en in Hoir Moustier  puis [i]n [H]oir Mou[s]tier (“au monastère d’Her/Hoir”).

Il existait déjà une communauté chrétienne comme l’attestent les ruines d’un édifice dédié à saint Hilaire (ⴕ 367) près du village du Vieil. Avec quelques moines, Philbert évangélise et transforme cette île pauvre et faiblement peuplée : irrigation, voies de communication, aménagement agricole, exploitation du sel, commerce portuaire.

Le monastère devait être plus modeste qu’à Jumièges mais nous ignorons ses dimensions. On sait  juste qu’il y avait une église dédiée à saint Pierre et saint Paul, des cloîtres, une cuisine, une ferme et le port. Philbert s’applique à l’évangélisation de l’île et des régions voisines. On lui attribue aussi la fondation ou la réforme des abbayes de Luçon et de Saint-Michel-en-l’Herm.

Ebroïn étant mort, Philbert retourne à Jumièges vers 684 avant de revenir à Noirmoutier où il meurt le 20 août 685 (ou 690 ?). Un culte se développe et une première biographie du saint est écrite rapidement. Elle a été plusieurs fois reprise, en particulier par un moine du nom d’Ermentaire qui, en 837, acheva une Vie de Saint Philbert et un Premier livre des miracles, continué en 867 par un Second livre des miracles.

En 836, devant les incursions des Normands (les Vikings), le corps est transféré sur le continent, à Déas (aujourd’hui Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, en Loire-Atlantique), ancienne fondation de Noirmoutier qui devient alors le siège du monastère. La vénération pour saint Philbert grandit dans la région.

En 858, le danger normand se fait pressant. Le corps est ôté de son sarcophage et transporté à Cunault, près de Saumur, puis à Messais en Poitou. En 875, il est accueilli au monastère Saint-Valérien, à Tournus en Bourgogne. Une somptueuse église abbatiale est édifiée à partir du XIe siècle. Elle deviendra paroissiale en 1802. En 1882, les chanoines de Tournus donnent au curé de Noirmoutier un reliquaire contenant une vertèbre du saint.

La fête est fixée au 23 août.

Images du Jubilé août 2018

À une époque où la règle de saint Benoît (VIe siècle) ne s’était pas encore imposée en Occident, saint Philbert a composé une règle monastique  – tant pour Jumièges que pour Noirmoutier –  à partir de celle de saint Colomban, avec des éléments empruntés à saint Macaire, saint Basile et saint Benoît : pauvreté de vie, prière, pénitence, travail manuel. 

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