éditorial juillet 2026Cartes postalesDans mes tiroirs, j’ai retrouvé des cartes postales, certaines datant de plusieurs années. Comme les photos, elles sont des vestiges du passé. Elles témoignent de liens, entretenus depuis, ou bien, au contraire, qui se sont défaits peu à peu : « Tiens ! Qu’est-ce qu’ils sont devenus ? ». Il y a des villes, des paysages, de monuments, des plages, des couchers de soleil. À les parcourir, nous voyageons. Nous écrivons des cartes postales pour signaler à quelqu’un qui est loin (ami, famille) que nous nous trouvons dans un bel endroit et que nous sommes heureux. Cela fait partie du rituel des voyages et des vacances. Aujourd’hui, la carte postale tend à disparaître devant les messages envoyés (avec photos) de nos téléphones portables. Mais elle perdure. Peut-être parce que les quelques mots griffonnés au verso de la photo sont plus personnels qu’un texto. Avant de partir, on nous a dit « Envoie-nous une carte postale ! » et on s’exécute gentiment. La photo peut être trompeuse avec ses couleurs contrastées et ses retouches ; au verso, il peut y avoir des banalités (« Tout va bien », « Séjour agréable », « Je vous pense à vous », « Meilleur souvenir »). Peu importe. Ce qui compte, c’est moins le contenu que la carte elle-même. C’est elle le vrai message. Elle est le lien entre nous et elle dit, sans le dire, « tu comptes pour moi ». « Tu comptes pour moi ». Est-ce que nous le disons à Dieu ? Depuis notre baptême, lui, il nous le dit. Il nous demande : « De temps en temps, envoyez-moi une carte postale, je saurais ce que vous devenez ». Comme tous les étés, celui que vivons est un temps de vacances pour les uns, de travail décuplé pour les autres, d’accueil des petits-enfants, de rencontres familiales, de repos et de ressourcement spirituel. Les étés précédents, quelles cartes postales avons-nous envoyées à Dieu ? Quelles images gravées dans notre mémoire, notre cœur, lui avons-nous envoyé ? Avec un petit mot du genre « merci » ou « je te confie un-e tel-le » ou « tel pays », « telle communauté ». Bref, comment avons-nous entretenu notre lien avec lui ? Reste la question de l’envoi. Sachant que lui habite « aux cieux », quel est le moyen le plus rapide de lui envoyer notre carte ? La prière. Simple et économique. (Gérard Billon, curé) |





