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éditorial mai 2026

Les valeurs chrétiennes

Y a-t-il des valeurs « chrétiennes » ? Il m’arrive d’en douter lorsque je vois, dans l’actualité, des personnes éminentes s’en prévaloir pour justifier une guerre ou expulser des immigrés (notons au passage qu’il leur arrive de faire la leçon au pape). Mais je me ressaisis. Car, bien sûr, il y a des valeurs chrétiennes, telles que l’amour, la compassion, la justice, la miséricorde et le pardon, essentielles pour construire une société fraternelle. Elles renforcent la solidarité et l’engagement tant personnel que communautaire. Certains font remarquer qu’elles peuvent être partagées et vécues par bien des personnes qui ne sont pas chrétiennes. En effet. Or, c’est justement parce qu’elle sont humaines que Jésus le Christ, Fils de Dieu incarné et devenu l’un de nous, les a prises pour les porter au haut point. Chrétiens, il nous les a confiées afin que nous les vivions à notre tour de la manière dont il les a vécues. Les valeurs ne sont pas chrétiennes en elles-mêmes mais dans notre façon de les vivre par lui, avec lui et en lui.

Bien des gens qui instrumentalisent les valeurs chrétiennes oublient (ou veulent oublier) qu’elles ont leur source en Jésus et leur aboutissement sur la Croix. Selon le livre des Actes des Apôtres, quarante jours séparent la Passion et Pâques de l’Ascension. Quarante jours pendant lesquels Jésus a parlé avec ses apôtres. De quoi ? Du Royaume de Dieu. Mais encore ? Le Royaume, me semble-t-il, est tissé des valeurs évoquées plus haut et de bien d’autres. Nous lisons que le jour de la Pentecôte, les disciples reçoivent l’Esprit saint pour devenir des « témoins ». Le témoignage peut être individuel. Il est surtout communautaire. Le livre nous décrit ce témoignage en ressourcement intérieur et visibilité extérieure (Actes 2, 42). Ressourcement : l’enseignement des apôtres et la fraction du pain. Visibilité extérieure : la communion fraternelle (« Voyez comme ils s’aiment ») et les prières juives. À relire le livre des Actes (ce que la liturgie nous invite à faire dans le temps pascal), nous comprenons que cela ne s’est pas fait sans mal : il a fallu affronter les tensions, la peur, le mensonge, la raideur, l’enfermement. Les vraies valeurs voient grand, large et haut. Comme le cœur de Dieu.