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En mai, un “marathon” de prières à Marie

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ARCHIVES ÉDITORIALES de l’année liturgique B, 2020-2021

 

éditorial avril 2021

La foi tout simplement

Ils sont trois : Marie Madeleine, Pierre et celui que l’évangile de Jean appelle « le disciple que Jésus aimait ». Tout se joue face au tombeau vide.

Marie Madeleine arrive seule au lever du jour avec sa piété et son amour. À peine a-t-elle vue la pierre enlevée qu’elle s’affole et court vers Pierre et l’autre disciple. De ce que ses yeux ont cru voir (ou ne pas voir), elle conclut au drame : « on a enlevé le Seigneur ». Où va-t-elle se recueillir désormais ? À quoi se raccrocher ? Alors que les disciples courent, elle reste à l’écart, enfermée dans son chagrin, dans le passé.

Les disciples courent et franchissent le seuil du tombeau. Pierre en premier. Son regard parcourt l’intérieur. Il constate l’absence, il voir les linges mortuaires. Il est surpris, mais de l’étonnement à la foi, le chemin est long. L’autre disciple, lui, va au-delà du visible. Les linges pliés deviennent les indices d’une vérité invisible : Dieu n’a pas laissé son Christ, Messie d’Israël et annonceur du Royaume des cieux, voir la corruption.

À ce moment de l’histoire racontée, Marie-Madeleine est la part nostalgique de nous-mêmes. Son émotion l’entrave. Elle ne lui permet pas de voir l’inouï, l’inédit qui arrive. Il faudra que le ressuscité vienne jusqu’à elle et lui murmure qu’elle ne peut le retenir tel qu’il était. Pierre, lui, a le souci du concret, comme beaucoup de nous. Il voit, il observe, il s’étonne. L’étonnement met sur le chemin de la foi mais il n’est pas la foi.

L’autre disciple fait le saut. Il se risque. Sa foi s’appuie sur la même observation que Pierre. L’observation reste interrogative chez Pierre, elle déclenche l’intelligence chez l’autre disciple. La foi est faite de traces laissées par Dieu dans l’Histoire, de liens tressés par l’Esprit au fond de l’être, dans le silence intérieur. Soudain, tout revient à la surface : « il vit et il crut ».

De qui sommes-nous proches ? De Marie-Madeleine tournée vers le passé ? De Pierre au seuil de la foi ? de l’autre disciple qui se laisse mener par l’Esprit ? Des trois peut-être, tour à tour. Gérard BIllon

 


éditorial de mars 2021

Changeons nos cœurs…

Ce mois de mars est doublement éprouvant à cause de la situation de pandémie d’une part et du Carême de l’autre.

Le Carême est-il éprouvant ? Oui, mais pas de la même manière que la pandémie. Les contraintes sanitaires qui nous sont imposées font surtout souffrir quand nous ne les acceptons pas. Or, à l’intérieur d’elles, nous pouvons gagner en liberté. Le Carême 2021 est là pour cela !

Le Carême est éprouvant car il percute nos attitudes devant les contraintes. Il n’est pas facile de nous désencombrer de nos habitudes humaines, religieuses. Le Carême éprouve ce que nous entendons par « fraternité » grâce à trois actes libres : l’aumône, la prière et le jeûne.

L’aumône (d’un vieux mot lié à la miséricorde) se déploie en associations caritatives, solidaires. Y participer ne résorbe pas les injustices. Mais donner (temps, argent) est un geste fraternel, amplifié quand nous nous informons, quand nous nous intéressons aux autres par exemple le 21 mars avec le CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement).

La prière est mouvement vers Dieu. Personnelle ou communautaire, elle voit large et loin. Vendredi 5 mars, nous participerons, chacun à notre manière, à la Journée mondiale de Prière. Chaque dimanche, mieux qu’avant, nous ferons monter nos actions de grâce.

Le jeûne est privation par solidarité avec ceux et celles qui n’ont pas grand-chose. De manière symbolique, il nous met en fraternité avec eux. Mais surtout, il interroge : sommes-nous ou non entravés, encombrés d’addictions matérielles ou spirituelles ?

Aumône, jeûne, prière sont là pour nous mettre en situation de pauvreté alors que la nature, elle, refleurit. Gérard Billon

 


éditorial de février 2021

Restaurer, rénover, construire

Toute maison d’habitation a besoin d’entretien. Au bout d’un moment, il faut remplacer tel élément de la toiture, du chauffage, de l’électricité ; on réaménage l’intérieur, on modifie la disposition des pièces. Pour mieux vivre.

Nos communes ont le souci des églises. Elles les ont ravalées et mises aux normes. Elles les entretiennent. À Noirmoutier même, depuis un an, d’importants travaux sont engagés pour la charpente, la toiture, l’électricité et le chauffage. Il s’agit de restauration : tout en améliorant la sécurité, il faut rendre l’apparence “à l’identique”. De plus, près du château, le bâtiment fait partie du périmètre historique.

À côté, prise en charge par la seule paroisse, la salle Blanc Moutier est en rénovation : la surface et le volume sont inchangés mais les murs et la toiture sont remis à neuf, la sécurité, les ouvertures et les aménagements intérieurs modernisés. Tout en s’harmonisant aux bâtiments environnants, elle offrira des services adaptés aux besoins et attentes des habitants et résidents de l’île.

Il y a là une parabole pour notre communauté paroissiale. Nous sommes en période de rénovation non de restauration. Notre évêque appelle à réfléchir, voire modifier, la manière de vivre l’Évangile et les liens entre les paroisses : le nouveau “doyenné” ou ensemble de paroisses nous fait collaborer non plus seulement avec Saint-Jean-de-Monts mais aussi avec Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Challans. La mission reste inchangée : rencontrer Jésus-Christ.

Nous ne restaurons pas : ni retour “à l’identique” (lequel ?), ni rêves sur le passé… Nous rénovons, poussés, de plus, par la situation sanitaire. Nous sommes invités à mieux écouter et répondre aux attentes profondes de nos contemporains. Liturgies, engagements, moments de réflexion, catéchèses et propositions de formation sont actuellement plus ou moins perturbés. Internet prend une place inédite. Un ami, confiant, avance que l’année qui vient ne manquera pas “d’engendrements providentiels”. Je l’espère. Ce qui me rassure, c’est que celui qui construit, c’est Dieu et non pas nous (1 Corinthiens 2,9). Gérard Billon

 

éditorial de janvier 2021

Sans signes extérieurs de richesse

Étrange Noël que celui de l’année 2020… Il a été peut-être été plus silencieux et plus profond qu’à l’ordinaire.

Merci à toutes les personnes qui ont montré leur fraternité en s’abstenant de participer aux offices où elles savaient qu’il serait difficile d’observer les consignes sanitaires. Elles auraient aimé – ô combien – chanter avec tous. Elles ont offert leur place. D’autres, pour les mêmes raisons, ont dû faire contre mauvaise fortune bon cœur et retourner à la maison, la « jauge » (quel mot !) étant atteinte. Elles ont prié autrement ou sont venus le lendemain.

Merci à ceux et celles qui, nombreux, joyeux, solidaires, ont “fait assemblée”. Merci aux personnes qui ont assuré le service d’ordre. Qu’aurait été une messe de Noël s’il y avait eu un risque pour les fragiles d’entre nous – les plus proches de l’enfant de la crèche ? Merci aux animateurs et musiciens : cela a été fête aujourd’hui sur terre ! Et cela le reste.

Nos lumières ont brillé sans éclipser l’étoile qui guidait les mages vers la maison de Bethléem. Cette étoile, il a fallu que les mages la discernent dans le ciel. Elle scintillait, extraordinaire seulement pour ceux et celles qui savent voir au-delà du visible…

L’étoile, la crèche, la croix, la parole et le pain sont de pauvres signes. Dieu nous les offre. Notre joie est de les prendre.

Avec Marie, Joseph, nous avons redécouvert une famille large… Dieu est au milieu, “Emmanu-el”, “Dieu-avec-nous”. Les bergers sont allés le voir. Les mages ont fait un long voyage. Mais les savants de la cour  du roi Hérode, pourtant de bons croyants, ne se sont pas déplacés.

Nous, en cette année 2021, nous allons nous lever. Sous l’impulsion de l’Esprit saint, nos membres frémissent déjà. Debout ! Gérard Billon

 

éditorial de décembre 2020

Berger de toute humanité

Aujourd’hui, dans nos crèches, ils sont là, les bergers. Autrefois, dans la nuit de Noël, à l’écart de Bethléem, dans la campagne, toujours sur le qui-vive, ils gardaient leurs troupeaux. C’est à eux que l’ange du Seigneur a annoncé « une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple ». Pourquoi à eux ?

D’abord, les bergers et les anges ont un point commun : ils ont toujours quelque chose à faire. Les bergers se mettent en quatre pour s’occuper de leurs troupeaux, et les anges ne cessent de rendre gloire à Dieu. Ensuite, les bergers nous sont révélés comme les premiers du peuple. Les princes.

Avant d’être roi, David était berger. Dieu lui-même aime être appelé « berger d’Israël » ! Or, les bergers travaillent en dehors du village, à l’écart. Dans leur responsabilité, ils sont solidaires de ceux qu’on laisse de côté. En leur temps et dans le nôtre, dans la société et dans l’Église.

Ils sont l’image de ce que devraient être tous les responsables : dévoués à leur tâche, sans ambition personnelle, cherchant la paix, veillant de jour et de nuit au bien de tous – y compris au bien des brebis galeuses…

La bonne nouvelle est pour tout le peuple. Tout le peuple. Y compris ceux auxquels les bergers ne ressemblent pas : les indifférents aux joies et aux peines des autres. Qui se désintéresse des autres se désintéresse de Dieu.

Dieu ressemble aux bergers. Je n’ai qu’un souhait au terme d’une année qui a éprouvé nos liens avec les plus fragiles de nos sociétés : redécouvrir en nous l’image ancienne et magnifique du berger : accueillant et solide à la tâche, l’oreille dressée vers le ciel et l’œil tendu vers la terre…

De tous les santons qui chantent la vitalité du peuple, les bergers sont les premiers. Ils nous mènent à la crèche. Gérard Billon